Neymar, Pogba, Bale: que faire des invendables ?

 
Alors que les prix flambent sur le marché des transferts, certains joueurs se retrouvent dans
une impasse, car trop chers ou trop bien payés.
Si les soldes ont commencé mercredi en boutiques, les bonnes affaires sont rares au rayon transferts. En football, les plus belles prises ne se font généralement pas à prix cassé et c’est bien là le problème pour certaines stars qui, comme Neymar et Paul Pogba, ont des envies d’ailleurs. Les clubs intéressés ne manquent pas. Mais ceux qui peuvent s’offrir leurs services sont nettement moins nombreux, fair-play financier oblige. La limite d’un marché qui est devenu complètement fou depuis trois ans, avec des joueurs achetés à prix d’or et qui deviennent ensuite difficilement revendables, est-elle atteinte ?
Les équipes qui ont le portefeuille pour acheter des joueurs de cette classe se comptent sur les doigts des deux mains : Manchester City, Manchester United, Liverpool, Tottenham et Chelsea en Angleterre, le Real Madrid et Barcelone en Espagne, la Juventus Turin en Italie, le Bayern Munich en Allemagne et le PSG en France. D’autres formations comme Arsenal, l’Atlético Madrid, l’Inter Milan et Dortmund ont les moyens de réaliser quelques gros coups, mais ils se heurtent à une logique purement sportive, car ils ne présentent pas les mêmes garanties de résultats en championnat ou en Ligue des champions.

Pogba et Neymar trop chers

Pour qu’un tel crack change d’air, il faut donc que l’un de ces clubs se manifeste et puisse assumer à la fois le prix de son transfert et son salaire. Ce fut le cas pour Paul Pogba en 2016, Neymar en 2017, Cristiano Ronaldo en 2018 et Eden Hazard en 2019. Avec des indemnités record pour certains d’entre eux. Et maintenant, quelle trajectoire leur carrière va-t-elle prendre ? Pour les deux derniers, la question se pose bien évidemment moins que pour les deux premiers, qui après deux ou trois ans dans leur équipe respective, à Paris et Manchester, ne seraient pas contre un nouveau challenge.
Manchester United, qui a déboursé plus de 100 millions d’euros pour enrôler "la Pioche", en voudrait aujourd’hui près de 170 pour le vendre. Un prix qui refroidirait autant le Real Madrid que la Juventus Turin, qui exploreraient déjà d’autres pistes moins coûteuses (Christian Eriksen, Donny van de Beek pour l’un, Adrien Rabiot pour l’autre). De son côté, le Paris Saint-Germain n’aurait pas l’intention de lâcher "Ney" pour moins de 300 millions d’euros, deux ans seulement après l’avoir arraché au Barça pour 222 millions d’euros. De quoi, là aussi, calmer immédiatement les éventuels prétendants.
Si le Real devait aujourd’hui mettre le paquet sur un joueur, ce serait davantage sur Kylian Mbappé, quitte à attendre un an, que sur le Brésilien, qui accumule les blessures et doit aussi composer avec des ennuis judiciaires. Un retour en Catalogne paraît alors être l’option le plus sérieuse, mais si les Blaugranas misent 120 millions d’euros sur Antoine Griezmann, pourront-ils rapatrier Neymar sans se mettre dans le rouge ? Ça semble difficile, à moins de trouver un stratagème pour faire baisser son prix, en incluant d’autres joueurs cotés dans la transaction (Philippe Coutinho, Ousmane Dembélé).

Bale comme un boulet

Ce casse-tête économique, la Maison Blanche y est confrontée avec Gareth Bale, acheté 101 millions d’euros en 2013, prolongé depuis jusqu’en 2022 et qui toucherait un salaire compris entre 15 et 20 millions d’euros par an. Théoriquement, lui est aussi sur le départ, puisqu’il n’entre plus dans les plans de Zinedine Zidane. Mais aucun club ne veut s’aligner sur ses prétentions, qu’il n’a pas du tout envie de baisser. L’ailier gallois semble préférer son statut de remplaçant - de touriste presque - au Real Madrid plutôt que de retourner en Premier League et voir ses revenus diminuer. "Triste", à 29 ans.
Alexis Sanchez et Mesut Özil sont deux autres exemples de joueurs qui, comme Gareth Bale, sont devenus encombrants, mais quasiment intransférables pour leurs clubs, car confortablement assis sur un paquet de billets qu’ils ne sont pas prêts à voir diminuer. Dans leur cas, même les brader n’est pas une solution, puisqu’ils sont heureux là où ils sont. S’ils ne font aucun effort, leur unique porte de sortie sera leur fin de contrat. C’est l’une des conséquences d’un mercato qui déraille, où à force d’acheter très cher et de payer grassement, les clubs ont de plus en plus de mal à bien vendre.
Thomas Pisselet
Par Sports.fr