Trump et Xi déclarent une trêve dans l’escalade commerciale

Le président chinois, Xi Jinping (gauche), et le président américain, Donald Trump (droite), lors d’une rencontre à Pékin, en novembre 2018.
En marge du G20, la Chine et les Etats-Unis ont accepté de reprendre leurs négociations
commerciales. Washington a accepté de lever sa menace d’imposer de nouvelles taxes à l’importation.
La guerre commerciale généralisée a été évitée. Donald Trump et Xi Jinping ont convenu, samedi 29 juin, de relancer les négociations commerciales, en marge du G20, à Osaka, qui s’est tenu à l’ombre de l’affrontement économique des deux pays. « Nous avons eu une très bonne rencontre avec le président Xi, je dirais même excellente », a déclaré M. Trump, évoquant un communiqué à venir de la part des Etats-Unis comme de la Chine.
Selon l’agence de presse officielle chinoise Xinhua, les négociations, qui avaient été brutalement interrompues en mai, vont reprendre. Le président américain a confirmé qu’il n’alourdirait pas les taxes douanières sur les importations chinoises pour le moment et que les négociations avec Pékin pour un grand accord commercial allaient reprendre. « Nous n’allons pas ajouter » de tarifs douaniers, ni en supprimer, « au moins pour le moment », a fait savoir Donald Trump.
Cette menace d’imposer de nouvelles taxes à l’importation aurait frappé la totalité des plus de 500 milliards de dollars de biens chinois achetés chaque année par les Etats-Unis. Le contentieux commercial entre Pékin et Washington a en effet déjà coûté des milliards de dollars aux entreprises des deux pays, perturbant le secteur manufacturier et les chaînes de production, et provoquant des turbulences sur les marchés.
Les deux hommes répètent ainsi le scénario du dernier G20, en Argentine, à la fin de 2018. Ils avaient alors suspendu les hostilités pour quelques mois, afin de reprendre les négociations commerciales approfondies… lesquelles avaient cependant tourné court.


Comme pour répliquer à ce sommet dans le sommet sino-américain, l’UE et le Mercosur (Brésil, Argentine, Uruguay et Paraguay) se sont mis d’accord sur un traité de libre-échange, fruit de vingt ans de négociations difficiles.

Trump propose à Kim de lui « serrer la main »

Avant sa rencontre avec Xi Jinping, la journée avait démarré sur les chapeaux de roues pour Donald Trump qui, au lendemain de plaisanteries remarquées avec Vladimir Poutine, a continué à afficher sa complicité avec des dirigeants critiqués pour la situation des droits de l’homme dans leur pays.
Dans un tweet presque désinvolte, Donald Trump a évoqué une possible rencontre avec le leader nord-coréen, Kim Jong-un, dans la zone démilitarisée (DMZ) qui sépare les deux Corées. Interrogé plus tard sur le sujet, le président des Etats-Unis s’est même dit prêt à faire un pas sur le sol nord-coréen. « Je serais très à l’aise de le faire, cela ne me poserait aucun problème », a-t-il répondu.
Cette annonce survient quatre mois après le sommet de Hanoï entre les deux hommes, qui s’était achevé sur un échec en l’absence d’avancées sur la dénucléarisation coréenne. Les négociations sont depuis au point mort.
Si elle se confirme, cette poignée de main entre un président américain et un dirigeant nord-coréen serait une première dans ce lieu chargé en symboles, qui est probablement la frontière la plus militarisée au monde. Jugeant la proposition « très intéressante », le pouvoir nord-coréen a souligné qu’il n’avait pas reçu d’invitation officielle mais a laissé entendre que la rencontre pourrait avoir lieu.
Dans la foulée de ce tweet, M. Trump a rencontré le prince héritier d’Arabie saoudite, Mohammed Ben Salman. Il a loué son « travail extraordinaire », ignorant les questions répétées sur l’assassinat du journaliste Jamal Khashoggi.


Le doute grandit sur la pertinence de ce rassemblement initialement créé pour apporter une réponse unie aux crises en tout genre, inauguré en 2008 en pleine crise financière mondiale. Le G20 se voulait « un forum de coopération, mais on peut se demander à présent si nous n’avons pas atteint le moment où il a cessé de servir cet objectif », a commenté Thomas Bernes, du Centre d’innovation pour la gouvernance internationale, un groupe de réflexion canadien.
Par Le Monde avec AFP et Reuters