PATRICE NGANANG: LE SEUL HÉRITAGE DE BIYA AU PEUPLE CAMEROUNAIS

L’image contient peut-être : 1 personne, sourit
Personne n'aime le tribalisme de Patrice Nganang mais il y'en a qui le comprennent. J'en fais partie.
Je dois préciser avant toute chose que comprendre la posture idéologique d'un individu ne se rapporte pas à adoption de celle-ci. Cela dit voici comment je comprends le tribalisme de Nganang :
C'est un tribalisme anti-tribaliste.

Si nous vivons et évoluons suivant les préceptes de la Bible je dirais que Patrice Nganang est encore dans l'ancien testament...là où "Dieu" nous apprend à rendre le mal par le mal: œil pour œil...
Depuis quelques jours on veut imposer à l'imaginaire national et sûrement international que Nganang est l'homme de tous les péchés d'Israël et des plaies d'Égypte. Ceux qui le font, avec un goût malsain pour la manipulation, oublient toujours de faire une chronologie du tribalisme au Cameroun. Moi je le rappellerai toujours qu'après Lamberton, les théoriciens et praticiens du tribalisme au Cameroun ce sont les élites bulu-béti au pouvoir depuis 1982. Ce sont donc:
-- Joseph Owana qui est à l'origine des termes anglo-bami, autochtones et allogènes.
-- Mono Ndzana et son ethnofascisme
-- Jacques Fame Ndongo le théoricien de l'ombre du tribalisme d'État
-- Ferdinand Oyono avec son personnage Wamakoul, portrait d'un Bamileke perdu en ville (Yaoundé) et qui se fait lyncher à cause de son ignorance dans un stade de football après qu'on ait su qu'il est bamileke. Ce passage de son roman me hante toujours : " si tu es bamileke, alors on va te faire la peau". Je n'épiloguerai pas sur sa portée sémantique ici,
-- Onembele Zibi, André Mama Fouda, Mathias Éric Owona Nguini, Dieudonné Essomba pour ne citer que ces quelques noms.
Par la faute de ces élites on a tué des bamileke de l'opposition en 1992 dans certaines villes du Sud et à Balmayo dans le centre. C'est aussi par leur faute que de nombreux frères et sœurs bulu-béti ont une haine infondée vis-à-vis du peuple bamileke. C'est encore à cause d'eux que des populations manipulées, pourtant chrétiennes, déféquèrent partout pour barrer la voix à Monseigneur André Wouking alors affecté comme Archevêque à Yaoundé. C'est toujours par eux que l'armée ouvrit le feu sur les marcheurs de février 2008 au prétexte qu'il s'agissait de bamileke. MaMa Fouda et les autres élites du Mfoundi avaient rédigé à cette époque un mémorandum pour exiger la chasse aux bamileke à Yaoundé, puis ceux de septembre 2017 dans les régions du NoSo.
Aujourd'hui les mêmes sont à la manœuvre pour tuer Maurice Kamto, pour éclabousser sa personnalité de ce qu'il n'a jamais été et ne sera jamais.
À côté de ceux-ci il y'a un Bengono qui peut cautionner et appuyer le massacre des civils anglophones là où un certain Samuel Obam Assam appelait son fils militaire à tuer de ses propres mains plusieurs dizaines des mêmes anglophones. On a un certain Amer Kamer qui appelle au massacre des bamileke et est invité sur les antennes de la télévision nationale, on a toute une chaîne de télévision qui anime le tribalisme à temps et à contre temps avec un panel tout aussi tribal constitué de Mbida, Essomba, Owona, Obama, Zé ou Ayissi, un Bonaventure Bidoung qui serait maire à Yaoundé qui peut affirmer que les bamileke ne peuvent avoir le pouvoir etc...
Tous ceux là exercent leur tribalisme sous ovations et le silence de ceux qui aujourd'hui veulent imputer les malheurs de la société Camerounaise à Nganang...celui là même à qui on a retiré une bourse scolaire en 1990 pace qu'il était bamileke pour la donner à un béti qui fait aujourd'hui partie de ceux qui disent qu'après Biya ce n'est que Biya.
Oui ceux qui tirent sur Nganang aujourd'hui n'ont jamais rien dit du massacre des bamileke en 1992, du mépris et du rejet de Mgr Wouking, ils n'ont jamais rien dit sur les discours de ceux qui disent qu'il faut massacrer les bamileke, ni de ceux qui avec cynisme et conscience d'un certain ''pouvoir'' s'amusent à dire que jamais un bamileke ne sera prèsident au Cameroun. C'est de la mauvaise foi. J'y vois même une grossière manipulation avec un but précis à un moment où on a formellement identifié le véritable ennemi du Cameroun : le système Biya.
Car si Patrice Nganang est un monstre il est avant tout une conséquence de la malgouvernance de ce système qui a bâti son empire sur la division et la haine, donnant des moyens à certains de se croire tout puissant. Nganang est l'héritage que Biya a légué aux Camerounais et ce serait une contradiction pour les partisans de son régime de se sentir offusqués par un tel héritage. Ils devraient plutôt s'en réjouir puisque c'est certainement sur la base de ce qu'il a construit qu'ils ont autant d'amour pour lui.
Le camerounais lambda quelle que soit sa tribu est susceptible de devenir un Nganang parce qu'il a été orienté vers une telle personnalité par 36années de sauvagerie et de tribalisme d'État.
Quand j'ai fini de dire çà, il devient compréhensible que le seul terroriste au Cameroun c'est le système Biya constitué de ses élites dirigeantes et intellectuelles. Le discours de Nganang est une immanence de la politique de celles-là. Au demeurant, la solution à ce tribalisme anti-tribaliste de l'auteur de la Saison des prunes réside dans la chute plus qu'urgente du régime Biya, de son système. Et pour cela c'est sur lui et essentiellement sur lui qu'il faut tirer...au moins parce que c'est le tribalisme du système Biya qui a tué les camerounais bamileke il y'a deux décennies...parce que c'est le tribalisme du système Biya qui a créé le tribalisme de Nganang comme il a créé la guerre Anglophone, parce que c'est ce même tribalisme qui a emprisonné Maurice Kamto, Paul Éric Kingué, Penda Ekoka, Alain Fogue et les autres.
J'ai lu quelque part que Patrice Nganang est un Être frustré. Y'a-t-il un Camerounais en dehors des Biyamerounais qui ne le soit pas ? La haine qu'on veut voir en Nganang est-elle le même sentiment qui l'a motivé à lutter pour la libération d'un Enoh Meyonmesse( pardon pour l'orthographe)?
Ils veulent vomir sur le fruit de leurs entrailles