Algérie : YouTube et Google bloqués après la diffusion d’une vidéo du général Nezzar

Jeudi 8 août, l’accès à Youtube et à plusieurs services de Google est resté bloqué pendant plusieurs
heures en Algérie, coïncidant avec la diffusion d'un message vidéo de Khaled Nezzar, ancien ministre de la Défense et ex-chef d'état-major de l'armée, adressé aux militaires algériens.
C’est le site Netblock, un observatoire qui monitore l’accès à internet dans le monde, qui a tiré la sonnette d’alarme. Selon cette source de référence, l’accès à Youtube, Google Translate, Google Hangouts et Play Store n’est pas dû à une panne, mais à une véritable « restriction d’accès au contenu en ligne », comme signalé par plusieurs internautes.
« La restriction nationale a finalement été levée vers 23 heures [minuit en Algérie] », explique NetBlock. D’après les informations dont dispose la plateforme, les restrictions coïncident avec la diffusion d’une vidéo dans laquelle l’ancien ministre de la Défense Khaled Nezzar – contre lequel un mandat d’arrêt international a été émis ce mardi par le tribunal militaire de Blida et qui a récemment fui en Espagne – adresse un message à la grande muette algérienne.

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Dans son intervention diffusée dans deux versions, l’une en arabe et l’autre en français, le général à la retraite s’adresse directement aux militaires algériens. Il se présente comme un fin connaisseur de l’armée, mais aussi comme un observateur attentif de la vie politique, et fait référence à l’un ses livres, publié en 2003, Algérie, le Sultanat de Bouteflika. À l’en croire, il avait alors déjà mis en garde la société algérienne contre ses dirigeants.

Il appelle ensuite les membres de l’armée à « l’autocritique constructive » et à « réaliser les revendications du peuple ». Une invitation implicite à un soulèvement ? Dans son allocution, il parle certes « d’évincer les apprentis sorciers » actuellement au pouvoir, mais « par des moyens pacifiques », et qualifie la situation actuelle « d’ubuesque ». « Il est regrettable que lorsqu’on dénonce des anomalies ou des excès, on musèle les personnes en les assimilant à des anti-révolutionnaires ou aux ennemis, surtout au parti de la France. Le dialogue entre civils et militaires doit être continué », explique-t-il.
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Jeune Afrique