Hongkong : Youtube agit à son tour contre la propagande de la Chine

https://img.lemde.fr/2019/08/16/0/0/3500/2333/688/0/60/0/d391b62_HFSPEK17_HONGKONG-PROTESTS-PROTESTERS_0816_11.JPG
La plateforme a désactivé 210 chaînes visant à discréditer le mouvement démocratique. Twitter et
Facebook ont porté, lundi, des accusations similaires contre Pékin.
Après Twitter et Facebook, la plateforme vidéo YouTube a annoncé jeudi 22 août avoir agi à son tour contre une vaste campagne de propagande menée par les autorités chinoises sur les réseaux sociaux pour discréditer la mobilisation en faveur de réformes démocratiques à Hongkong.
YouTube a désactivé 210 chaînes après avoir découvert qu’elles agissaient « de manière coordonnée en mettant en ligne des vidéos liées aux manifestations en cours », a expliqué Shane Huntley, analyste chargé de la sécurité au sein du groupe Google, qui possède la plateforme.
« Nous avons mis au jour le recours à des VPN [réseau virtuel permettant notamment de dissimuler l’origine géographique réelle de la connexion internet] et d’autres méthodes pour masquer l’origine de ces comptes », a précisé l’expert. « Cette découverte est cohérente avec les observations et actions récemment effectuées par Facebook et Twitter concernant la Chine. »

« Semer la discorde politique »

Les deux autres géants technologiques avaient porté, lundi, des accusations similaires contre Pékin, soulignant avoir fermé un millier de comptes actifs liés à cette campagne de désinformation. Twitter avait précisé avoir aussi fermé 200 000 autres comptes avant qu’ils ne soient réellement actifs.
« Ces comptes cherchaient délibérément et spécifiquement à semer la discorde politique à Hongkong et notamment à saper la légitimité et les positions politiques du mouvement de protestation sur le terrain », a expliqué le réseau social.
Facebook avait précisé, de son côté, que certaines publications des comptes suspendus comparaient les manifestants hongkongais aux combattants du groupe djihadiste Etat islamique, les qualifiant de « cafards » et leur attribuant de soi-disant projets de meurtres au moyen de lance-pierres.

Influencer l’opinion

Région semi-autonome du sud de la Chine, Hongkong traverse depuis juin sa plus grave crise politique, avec des manifestations et autres actions presque quotidiennes pour demander davantage de libertés.
La mobilisation a souvent tourné en affrontements ces dernières semaines entre militants radicaux et forces de l’ordre. Cela s’est traduit par des menaces d’intervention plus pressantes du gouvernement central chinois, qui a qualifié le mouvement de « terroriste ».

Pékin a cependant officiellement laissé les coudées franches à l’exécutif local et à sa police pour régler la situation. En coulisses, le gouvernement central déploie d’importants efforts pour tenter d’influencer l’opinion, affirment cependant Twitter, Facebook, et désormais Google. Le ministère chinois des affaires étrangères a assuré via un porte-parole « ne pas être au courant de la situation ».
Par Le Monde avec AFP