Afghanistan : 29 morts dans un attentat et une frappe de drones

Sur le lieu de l’attentat à Qalat, capitale de la province de Zabul, en Afghanistan, le 19 septembre. 
L’explosion d’un camion piégé près d’un hôpital a fait 20 morts jeudi matin, tandis qu’au moins neuf
civils ont été tués dans une frappe de drones censée viser des combattants djihadistes.
L’Afghanistan a été, jeudi 19 septembre, le théâtre de nouvelles attaques meurtrières pour le troisième jour consécutif. L’explosion d’un camion piégé près d’un hôpital a fait 20 morts, tandis qu’au moins neuf civils ont péri dans une frappe de drones ayant visé des combattants djihadistes.
« Comme un tremblement de terre, a décrit un témoin au sujet de l’attentat survenu à Qalat, dans la province de Zabul, qui a fait 20 morts et 90 blessés. C’était une attaque au camion piégé. » Elle avait pour cible le siège local des renseignements afghans (NDS), selon le gouverneur de cette province du Sud, Rahmatullah Yarmal, « mais l’hôpital régional qui est situé au même endroit a été détruit », a-t-il ajouté, interrogé par l’Agence France-presse (AFP).
Parallèlement, au moins neuf ouvriers agricoles ont été tués jeudi dans la province de Nangarhar (dans l’est du pays) par des tirs de drones. Cette frappe « était censée viser des combattants de l’Etat islamique, mais a touché des civils par erreur », a reconnu le porte-parole de la police pour la province, Mubarez Atal. Contacté par l’AFP, le ministère afghan de la défense s’est refusé à commenter l’information, disant enquêter à ce sujet. Les frappes aériennes en Afghanistan ne peuvent être le fait que des armées afghane et américaine.

« Nous avons cru à un tremblement de terre »

L’attentat de Qalat a été revendiqué par un porte-parole des talibans, Qari Yousuf Ahmadi : « Nous avons mené une attaque martyre contre le NDS », a-t-il souligné dans un message, affirmant que le bâtiment avait été complètement détruit. Dans leur revendication de l’attaque contre le meeting du président Ashraf Ghani le 17 septembre, le mouvement islamiste, qui conteste la légitimité des élections du 28 septembre, avait expliqué qu’elle avait « visé une réunion faisant la promotion d’élections fantoches ». Les talibans avaient dit avoir averti « les gens de ne pas participer aux réunions électorales ».
Il s’agit du quatrième attentat en l’espace de trois jours dans ce pays, à moins de dix jours du scrutin au cours duquel les Afghans doivent élire leur président. Ils ont fait près de 70 morts et des dizaines de blessés au total. Trois d’entre eux ont été revendiqués par les talibans. Mardi, au moins 48 personnes ont péri dans deux attentats-suicides, l’un contre un meeting électoral du président Ghani en province, et l’autre à Kaboul, qui visait un centre de recrutement de l’armée. Mercredi, quatre civils ont été tués dans un attentat-suicide et un assaut contre un bâtiment officiel de Jalalabad.
L’élection présidentielle afghane a pris une importance nouvelle depuis l’abandon, le 7 septembre par Donald Trump, des pourparlers avec les talibans sur un retrait des forces américaines. Le gouvernement afghan a été tenu à l’écart de ces négociations et ses responsables voient dans le scrutin du 28 un moyen de revenir dans le jeu. « Toute voie vers la paix » doit passer « par le gouvernement », a déclaré le porte-parole du président, Sediq Sediqqi.
Par Le Monde avec AFP