Genève:Les 25 véhicules de luxe séquestrés par le parquet de Genève dans l’affaire Teodorin Obiang seront bel et bien vendus aux enchères le 29 septembre par la société Bonhams

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Les 25 véhicules de luxe séquestrés par le parquet de Genève dans l’affaire Teodorin Obiang seront
bel et bien vendus aux enchères le 29 septembre par la société Bonhams. La République de Guinée équatoriale a tenté de bloquer l’opération, via des mesures provisionnelles, en arguant que les conditions négociées dans le cadre de l’ordonnance de classement n’étaient pas respectées. Sans succès. Le Tribunal civil vient de rejeter cette requête, a appris Le Temps.
Séquestrés depuis fin 2016 dans le cadre de la procédure en blanchiment d’argent et gestion déloyale des intérêts publics menée contre le fils du président de Guinée équatoriale, les véhicules, détenus par une société et un membre du clan Obiang, ont fait l’objet des discussions ayant abouti à l’accord de février 2019.
L’accord initial
Cette ordonnance de classement du Ministère public prévoit que le produit net de la vente des véhicules, sous déduction des frais liés à leur conservation et réalisation, soit affecté à un programme social au profit de la population de cet Etat. La Guinée équatoriale a également accepté, pour mettre fin aux ennuis pénaux de son golden boy et vice-président Teodorin Obiang, de verser quelque 3 millions de francs à l’Etat de Genève pour couvrir les frais d’une instruction qui aura duré plus de deux ans.
En juillet dernier, cette belle harmonie a volé en éclats. Le nouveau conseil de la Guinée équatoriale, Me Shahram Dini, a déposé une requête pour obtenir l’annulation de la vente aux enchères. Il a rappelé la teneur d’un courrier du premier procureur Yves Bertossa indiquant que «dans la mesure du possible, les véhicules seront vendus en bloc et hors enchères publiques». L’Etat de Genève, seul compétent pour réaliser cette vente, a finalement opté pour une méthode différente.
«Pas de préjudice»
Dans sa requête au tribunal, Me Dini a souligné que des collectionneurs étaient pourtant intéressés à acheter le lot entier à un prix supérieur et que le parquet n’a tout simplement pas respecté ses engagements. Ce à quoi le premier procureur a répondu qu’aucune offre sérieuse n’était parvenue au Ministère public, que rien n’empêchait ces éventuels mordus de participer à la vente aux enchères et que son courrier indiquait «dans la mesure du possible» et n’impliquait donc aucune obligation.
Le tribunal s’est montré très peu sensible à l’argument d’une chute des prix des véhicules qui n’est «corroborée par aucun élément concret». Selon cette ordonnance, datée du 20 septembre, la République de Guinée équatoriale «ne rend pas vraisemblable qu’elle risque de subir un dommage à l’issue de la vente aux enchères des véhicules automobiles confisqués». La condition du risque d’un préjudice irréparable n’étant pas réalisée, le tribunal a rejeté la demande de mesures provisionnelles sans examiner la question de savoir si la requérante avait bien qualité pour s’opposer aux modalités de vente.
Riposte en vue
Les bolides – une rarissime Koenigsegg, plusieurs Rolls-Royce, Lamborghini, Bentley ou encore sept différents modèles de Ferrari – seront donc mis en vente pièce par pièce. Cette opération très spéciale aura lieu au Golf et Country Club de Bonmont, à Chéserex, dans le canton de Vaud. Le site internet de la société évoque «une prestigieuse collection de supercars».
Me Dini regrette cette issue: «Le parquet donne des leçons de bonne gouvernance mais ne se préoccupe pas du tout du produit final de la vente qui doit revenir à la population.» L’avocat envisage même une petite riposte: «On se réserve d’invalider l’accord en ce qui concerne le paiement des frais de justice.»
Source: letemps.ch