Nadal, source de « motivation supplémentaire » pour Federer en 2020

Dans un entretien, le joueur suisse se dit optimiste sur la relève après l’« ère Federer-Nadal-
Djokovic » et pense pouvoir aborder la saison 2020 « avec pas mal de confiance ».
Entretien
Il y a le Roger Federer tennisman, l’athlète, l’homme aux vingt Grands Chelems, qui génère, selon Forbes, 86 millions de dollars (78 millions d’euros) par an de sponsoring, et il y a aussi l’entrepreneur. Cette semaine, à Genève, le Suisse organisait la Laver Cup, compétition-exhibition qu’il a lancée en 2017 sous l’impulsion de son agent, Tony Godsick. Une épreuve par équipes, où les meilleurs joueurs européens défient « le reste du monde ».

Beaucoup de spectateurs admettent qu’ils sont venus ce week-end surtout pour vous voir. Ne craignez-vous pas que l’épreuve ne survive pas à votre génération ?

Je pense que c’est comme sur le circuit : à un moment donné, quand Rafa [Nadal], moi et Novak [Djokovic], on ne sera plus là, il y aura un petit ajustement à faire, une transition. La Laver Cup certainement aussi. Mais est-ce que c’est négatif pour autant ? Non. C’est juste qu’il va falloir commencer à soutenir d’autres joueurs, peut-être regarder le tennis un peu différemment.
Je n’ai pas trop de craintes pour l’avenir de la Laver Cup, car le format ne repose pas sur un seul joueur. Quand j’ai fait la promotion de cette édition avec Björn Borg, nous n’étions que tous les deux, on savait juste que Rafa serait présent, mais on ne connaissait pas encore les dix autres joueurs et les billets se sont vendus en deux heures. Ça me donne des raisons d’être confiant pour la suite.

La Laver Cup propose un format original. En parlant de changements, quels sont ceux que vous aimeriez voir opérés sur le circuit dans l’intérêt du jeu, des joueurs et du public ?

Je pense que ce serait bien d’avoir plus de matchs disputés au meilleur des cinq sets. A une époque, quand je disputais des finales de Gstaad, de Bâle, c’était en cinq sets. Vers 2007, ils ont commencé à changer ça parce qu’ils trouvaient que ça exigeait un peu trop d’efforts physiques, ils préféraient que les meilleurs joueurs puissent disputer plus de tournois.
Ça me manque un peu que la finale du Masters [dernier tournoi de la saison réunissant les huit meilleurs joueurs fin novembre à Londres] ne soit pas en cinq sets, certains Masters 1000 pourraient eux aussi les réinstaurer. Dans le jeu lui-même, ils sont en train d’essayer des choses. Je suis plus dans la tradition.