Deux ans plus tard... le désenchantement des start-up face à Macron

Certes, le président, promoteur de la « start-up nation », a renforcé les moyens de la Banque publique d’investissement et réuss

Certes, le président, promoteur de la « start-up nation », a renforcé les moyens de la Banque publique d’investissement et réussi à mobiliser les investisseurs institutionnels pour mieux financer les futures « licornes ». Mais tous les Français ne sont pas destinés à devenir des stars de la tech.

En campagne, Emmanuel Macron avait séduit les entrepreneurs avec une promesse ambitieuse : « l’assurance-chômage universelle », donnée aux salariés démissionnaires qui voudraient créer leur boîte. Las, la réforme a été vidée de sa substance. Les conditions d’accès sont si drastiques que, selon le gouvernement, seulement 30 000 personnes par an seraient éligibles, soit 3 % des démissionnaires. Les commerçants, artisans, professions libérales, entrepreneurs et petits patrons aussi ont déchanté : compte tenu des conditions très restrictives, la mesure ne devrait profiter qu’à 30 000 d’entre eux, soit 1 % des indépendants. Et l’allocation - 800 euros par mois sur six mois - est minimaliste.
L’engagement de supprimer le catastrophique RSI pour le basculer dans le régime général a été tenu. Mais la protection sociale n’est pas pour autant alignée sur celle, bien meilleure, des salariés, hormis un congé maternité rallongé et moins bien indemnisé.
Autre déconvenue, le gouvernement s’est montré très peu exigeant avec les plateformes telles Uber et Deliveroo, qui n’offrent quasiment aucune couverture sociale à leurs chauffeurs et livreurs. Enfin, le gouvernement vient de porter un coup aux autoentrepreneurs. Au 1er janvier 2019, il avait dopé l’attractivité de ce régime (souvent adopté, au démarrage, par les apprentis entrepreneurs et free-lance) en élargissant à tous l’accès à l’Aide à la création d’entreprise (Acre) avec ses exonérations de charge : 75 % la première année, 50 % la deuxième et 25 % la troisième.
Mais, face au coût pour les finances publiques, Bercy a fait volte-face : au 1er janvier 2020, l’aide sera de nouveau réservée aux moins de 26 ans et aux chômeurs. Certes, le président, promoteur de la « start-up nation », a renforcé les moyens de la Banque publique d’investissement et réussi à mobiliser les investisseurs institutionnels pour mieux financer les futures « licornes ». Mais tous les Français ne sont pas destinés à devenir des stars de la tech. Et l’ensemble des mesures prises n’encourage pas à « passer d’une société de statuts à une société de mobilités » comme en rêvait le candidat Macron.
Par challenges.fr