Burundi: Pierre Nkurunziza confirme qu'il ne se représentera pas

La rumeur lui prête l'ambition de se représenter, mais Pierre Nkurunziza assure une nouvelle fois qu'il ne devrait pas être candidat à la prochaine présidentielle au Burundi prévue dans six mois. C'est ce qu'il a laissé implicitement entendre lors d'un discours prononcé devant les forces de sécurité à Gitega. L’opposition a réagi.

Il y a un an et demi, il avait annoncé son intention de ne pas se représenter à la prochaine élection présidentielle du Burundi. Vendredi, Pierre Nkurunziza a de nouveau laissé entendre qu'il ne devrait pas être candidat à la présidentielle. Dans un discours devant les forces de sécurité à Gitega, et retransmis à la télévision burundaise, le président burundais a déclaré aux soldats : « Ce n'est pas moi qui serai là prononçant un discours l'année prochaine, vous serez avec un nouveau chef d'État. Je vous demande juste une chose : la facon dont nous avons bien travaillé ensemble pendant ces quinze années, multipliez par trois avec le nouveau qui va me succéder, là vous aurez été de vrais hommes. »
Ce n'est pas moi qui serai là prononçant un discours l'année prochaine, vous serez avec un nouveau chef d'État.
Pierre Nkurunziza, président du Burundi

Après de tels propos, l'opposition préfère rester méfiante et surtout recentre les enjeux.
« Pour nous, ce qui est important, ce n'est pas tant sa candidature, qu'il revienne ou qu'il ne revienne pas, c'est l'organisation d'élections dans des conditions crédibles, qui permettent un scrutin réel. C'est ça le véritable enjeu. Si l'on n'arrive pas à organiser des élections dignes de ce nom et que toutes les conditions ne sont pas réunies pour que les gens puissent exprimer leur choix librement, la crise burundaise ne doit pas se terminer. Donc ce que le président Nkurunziza a dit ne change rien à notre point de vue, qu'il vienne ou pas, qu'il tienne ou pas sa parole, cela ne change pas le fond du problème », estime François Nyamoya, le secrétaire général du MSD Mouvement pour la solidarité et la démocratie.
Par RFI