« Liberté de pensée » remplacée par « Xi Jinping » : des étudiants chinois protestent

Sur le campus de l’université Fudan à Shanghai (Chine), une bannière appelle à adhérer à la philosophie politique du président chinois Xi Jinping, le 18 décembre 2019. 
Certaines des plus prestigieuses universités de Chine ont été contraintes de réviser leur charte et de
proclamer leur fidélité au président Xi Jinping et au Parti communiste chinois.
Certaines des plus prestigieuses universités de Chine ont été contraintes de réviser leur charte et de proclamer leur fidélité au président Xi Jinping et au Parti communiste chinois (PCC), déclenchant une protestation exceptionnelle d’étudiants à Shanghai.
Sur internet, une vidéo montre une vingtaine d’élèves de l’université Fudan de Shanghai dans une cantine, en train de chanter l’hymne de leur établissement, qui célèbre « l’indépendance universitaire et la liberté de pensée ». Un étudiant de Fudan a confirmé à l’Agence France-Presse (AFP) que la protestation s’était déroulée mercredi à l’heure du déjeuner.
La veille, le ministère de l’éducation avait annoncé une modification de la charte de l’établissement, une initiative qui a provoqué des commentaires enflammés sur les réseaux sociaux, avant que les censeurs bloquent les discussions.
La version précédente du texte contenait des références à la « liberté de pensée ». Mais la nouvelle mouture retire cette formule, appelant, à la place, à « armer les esprits des professeurs et des élèves avec la pensée de Xi Jinping sur le socialisme à la chinoise de la nouvelle ère », le slogan imposé à l’envi par le régime communiste.

Culte de la personnalité

Le ministère avait déjà annoncé dans le courant de décembre des changements similaires dans les chartes d’autres établissements, notamment dans celle de la prestigieuse université de Nankin.
Xi Jinping est arrivé au pouvoir à la fin de 2012. Depuis, il a imposé l’inscription de sa « pensée » dans la charte du PCC et dans la Constitution du pays, fait développer dans les médias un quasi-culte de la personnalité et étendu l’influence du Parti sur les écoles et universités afin de s’assurer de leur loyauté.
La peur de représailles bloque en général toute contestation. La Chine surveille étroitement les campus universitaires, d’où sont partis nombre de mouvements politiques au cours du XXsiècle, dont les manifestations de la place Tiananmen de Pékin, en 1989, réprimées dans le sang.

Le Monde avec AFP