Algérie: 48e vendredi de manifestation, l'avenir du Hirak fait débat

Pour la 48e semaine d'affilée, des milliers de personnes sont descendues vendredi 17 janvier dans les rues d'Alger et d’autres villes du pays pour réclamer un « changement de régime », au moment où l’avenir du mouvement de contestation populaire, le Hirak, fait débat dans la société.

Alors que le débat a été virulent toute la semaine dans le pays, après une chronique de l’écrivain Kamel Daoud qui estimait que le mouvement de protestation avait échoué, des manifestations ont eu lieu dans plus de 25 des 48 régions du pays ce vendredi. Dans la capitale, la mobilisation était en baisse, mais les manifestants refusent de parler d’échec.
Le mouvement fait de son mieux
Dans le cortège ce vendredi, une jeune femme tient à bout de bras une pancarte blanche où il est écrit que si le mouvement se structure, c’est sa mort. Amine, un trentenaire qui manifeste régulièrement depuis 11 mois, estime que les critiques sont injustes et que le mouvement fait de son mieux.
« Chaque vendredi, on voit toujours les mêmes visages, c’est vrai, mais c’est des visages qui se sont approprié la rue. Ils s’engagent avec leur propre arme, qui est la manifestation pacifique. On n’a pas d’autre moyen pour faire changer ce système, à part ça. Il ne faut pas oublier que le Hirak n’est pas un parti politique. C’est un nouveau contre-pouvoir. »
Libération des manifestants emprisonnés
De nombreux manifestants refusent de dialoguer avec les autorités et demandent d’abord la libération des manifestants emprisonnés. C'est le cas de Hakim Addad, membre de l’association RAJ, en liberté provisoire après trois mois de détention.
« Quel apaisement, quand chaque vendredi, il y a des dizaines d’arrestations ? On nous a remis en liberté. D’abord, bien sûr, il aurait fallu qu’on ne soit jamais arrêtés, mais surtout il aurait fallu que les prisons algériennes soient vides de tout prisonnier ou prisonnière d’opinion pris dans les manifestations pacifiques. L’apaisement, ce n’est pas "je vous tends la main" mais "je vous claque avec l’autre" », dit-il.
Dans la foule, un groupe de familles défile derrière une banderole. Elles dénoncent le maintien de détention provisoire, sans procès, de leurs enfants depuis le mois de mars dernier.
Par RFI