Boris Johnson fait passer le Smic anglais au-dessus de celui de la France

Pour la nouvelle année, celui qui a pérennisé sa majorité lors des dernières élections législatives a annoncé une hausse remarquable du salaire minimum au Royaume-Uni.

ROYAUME-UNI - Le gouvernement britannique mené par Boris Johnson a annoncé ce mardi 31 décembre une forte hausse du salaire minimum à partir d’avril. Cette annonce fait suite à sa large victoire électorale remportée grâce à de fortes progressions dans les régions défavorisées favorables au Brexit, et suscite l’inquiétude du patronat.
Le salaire minimum pour les employés de plus de 25 ans va augmenter de 6,2% au 1er avril pour passer à 8,72 livres de l’heure, a indiqué le Trésor. Avec une valeur en euro de 10,24, cela signifie que le salaire minimum horaire sera plus important au Royaume-Uni qu’en France (10,15 euros brut). 

Répondre à la crise du pouvoir d’achat

Par ailleurs, cela constitue “la plus forte augmentation en valeur” depuis la création en 2016 du salaire minimum sous sa forme actuelle, touché par 2,8 millions de Britanniques, a insisté Boris Johnson, cité dans un communiqué.
La hausse annoncée représente quatre fois le taux annuel d’inflation de novembre (1,5%). Elle intervient alors que le pouvoir d’achat a été mis sous pression par l’accélération de la hausse des prix après le référendum du Brexit en 2016, qui a pesé sur la monnaie britannique. La tendance s’est modérée ces derniers mois.
Cette annonce intervient moins de trois semaines après les élections législatives au Royaume-Uni qui ont abouti à la plus forte majorité parlementaire pour les conservateurs depuis Margaret Thatcher dans les années 1980.

Le patronat britannique inquiet 

Le parti de Boris Johnson a ravi des sièges détenus depuis des décennies par les travaillistes dans le centre et le nord de l’Angleterre, dans des régions autrefois ouvrières et défavorisées, très majoritairement favorables au Brexit.
Soucieux de faire oublier l’austérité appliquée par son parti depuis 10 ans et face à un Labour très à gauche, le Premier ministre a promis en campagne d’importantes dépenses dans les services publics de santé et la police, des investissements dans les infrastructures et des gestes pour les plus démunis.
L’annonce de ce mardi a été critiquée par les Chambres de commerce britanniques, leur co-directrice générale Hannah Essex s’inquiétant d’une mesure qui va peser sur les finances des entreprises à “une période de grande incertitude économique” et appelant le gouvernement à en compenser le coût.
Par HuffPost