Coronavirus: les propos du ministre américain du Commerce créent l’indignation

Aux États-Unis, le ministre du Commerce déclenche une vague d’indignation après s’être réjoui des conséquences positives du coronavirus pour l’économie américaine.
Aux États-Unis, le ministre du Commerce déclenche une vague d’indignation après s’être réjoui des
conséquences positives du coronavirus pour l’économie américaine. Le virus mortel force la Chine à fermer des usines, et cela va aider l’emploi en Amérique du Nord, a déclaré Wilbur Ross sur Fox News.
Avec notre correspondant à San Francisco, Eric de Salve
« Tous les cœurs américains doivent se tourner vers les victimes du coronavirus », commence tout de même par dire Wilbur Ross. « Mais le fait est, poursuit le secrétaire au Commerce, que les entrepreneurs vont devoir reconsidérer leur chaîne d’approvisionnement, car après le SRAS et maintenant ce virus, ces épidémies sont un facteur risque à prendre en compte. » « Je crois donc, dit-il, que cela va aider à accélère le retour l’emploi en Amérique du Nord, aux États-Unis et probablement au Mexique. »
« Oh, voilà une bonne nouvelle », reprend la présentatrice de Fox News. Puis le ministre du Commerce de Donald Trump prend l’exemple d’Apple qui envisagerait de relocaliser une partie de sa production chinoise. Torrent d’indignations immédiatement sur les réseaux sociaux et les médias américains.
« Rien de tel qu’une bonne pandémie pour relancer l’économie », ironise sur Twitter une commentatrice de CNN. « On touche le fond », réagit un autre journaliste influent.
Et d’ailleurs sur le fond, plusieurs médias notent que l’analyse de Wilbur Ross contredit les prédictions du président de la banque centrale selon lequel le coronavirus est plutôt source d’incertitude pour l’économie mondiale.
Ce n’est pas la première fois que le milliardaire de 82 ans choque avec des propos jugés déconnectés de la réalité. Pendant le dernier shutdown de l’administration, il avait déclaré que les dizaines de milliers fonctionnaires américains contraints à des semaines de chômage technique non payées n’avaient qu’à aller se nourrir à la banque alimentaire.
Par RFI