Ernest Ouandié, le dernier des Mohicans, leader nationaliste camerounais, héros de la lutte du peuple, assassiné à Bafoussam

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Sur la grande place, les habitants sont rassemblés en silence en ce triste 15 janvier 1971 peu avant
11h du matin. Ce jour là, il est menotté et escorté par une escouade de soldats camerounais. Il avance avec fière allure, son visage ne laisse transparaître aucune inquiétude, au contraire on le sent plutôt détendu et joyeux.
Pour les nationalistes présents, l’instant est douloureux en même temps historique. Ernest Ouandié refuse de se faire bander les yeux. Au commande du peloton d’exécution, un jeune officier camerounais. Avant d’être exécuté, Ernest Ouandié prononce quelques paroles qui vont sonner comme l’appel à lutter pour la liberté. Il exprime toute sa fierté et sa gratitude d’avoir combattu pour l’intérêt de son pays, tout en prophétisant que le combat était loin d’être terminé, mais que d’autres prendront le relais jusqu’à la victoire finale. Après avoir chanté, l’ordre fut donné de tirer. Les premiers tirs sont mortels pour Gabriel Tabeu alias Wambo le Courant et de Raphaël Fotsing ses deux camarades. Quant à Ernest Ouandié, il ne meurt pas sur le coup, il aura le temps de crier « Que vive le Cameroun ».
Après la première salve, on entend la voix d’Ernest Ouandié crier encore «Que vive le Cameroun», et il tombe, criblé de balles. Un officier européen se détache de l’assistance, s’approche de Ouandié mourant, s’agenouille auprès de lui, met la main à son étui de revolver, se penche en avant. Ouandié respire encore. Il tire à bout portant.
Les figures les plus influentes de l’UPC, avaient toutes été massacrées, Um Nyobé le 3 septembre 1958, Félix Roland Moumié, le 15 octobre 1960, et Ossendé Afana, le 10 mars 1966
Doté d’un mental sans pareil qui dépasse de loin celui de ses pairs, Ouandié est progressivement abandonné et trahi par les siens. Il finit par se rendre lui-même en août 1970 et se laisse arrêter sans opposer de résistance. Torturé et interdit de toute visite de ses avocats pendant six mois, il est jugé par le Tribunal militaire de Yaoundé en décembre 1970, dans le-dit «procès de la rébellion». Il écoutera la tête haute le verdict de sa peine capitale.
Quant au jeune officier qui va tirer à bout portant sur la tête d’Ernest Ouandié, certaines sources affirment qu’il était un européen vu que l’administration française voulait à tout prix s’assurer de la sentence tout comme avec Um Nyobe. Par contre, d’autres soutiennent la thèse selon laquelle c’était un camerounais. 
Sources: Africa Infos