L’ex-président chinois d’Interpol condamné à 13 ans de prison

Meng Hongwei, le 4 juillet 2017, quand il était président d’Interpol. Il a démissioné le 7 octobre 2018 après avoir mystérieusement disparu pendant dix jours. 
Comme de nombreux hauts dirigeants chinois avant lui, Meng Hongwei fait les frais de la campagne
anticorruption lancée en 2013 par le président Xi Jinping.
L’ex-patron d’Interpol, qui s’était brusquement volatilisé en 2018 du siège de l’organisation internationale policière basée à Lyon (France), a été condamné à treize ans et six mois de prison pour corruption, a fait savoir mardi 21 janvier la justice chinoise. Meng Hongwei, 65 ans, ex-vice-ministre chinois de la Sécurité publique, a également été condamné à 2 millions de yuans d’amende (environ 260 000 euros).

Campagne anticorruption

Meng Hongwei est l’énième haut dirigeant communiste à faire les frais de la campagne anticorruption lancée en 2013 par le président Xi Jinping, peu après son arrivée au pouvoir. Elle a déjà sanctionné au moins 1,5 million de cadres du Parti communiste chinois (PCC) selon des chiffres officiels.
Très populaire auprès d’une opinion publique lassée des malversations, cette opération « mains propres » est également soupçonnée de servir à faire tomber des opposants internes à la ligne du chef de l’Etat chinois.
En septembre 2018, Meng Hongwei, qui habitait alors à Lyon, où se trouve le siège d’Interpol, s’était subitement volatilisé, après un voyage en Chine. Au bout d’une dizaine de jours, Pékin avait annoncé qu’il se trouvait en Chine, où il était soupçonné de corruption. Il est en détention depuis lors. En mars, il a été exclu du PCC et de toute fonction officielle.
Son épouse, Grace Meng, ainsi que ses deux enfants, ont quant à eux obtenu l’asile politique en France au début de mai. Craignant pour sa sécurité, sa femme avait affirmé avoir été victime d’une tentative d’enlèvement. Une information judiciaire a été ouverte au printemps, et confiée à un juge d’instruction de Lyon, sur ce dernier point. Pékin avait adressé peu après une mise en garde à Paris après l’octroi de cet asile politique, dénonçant « un abus total de la procédure française ».
Le Monde avec AFP