Côte d'Ivoire: à huit mois de l'élection, un dialogue politique au point mort?

Les tribunes du parc des sports de Treichville pleines et la pelouse totalement occupée pour le grand meeting commun du FPI et du PDCI, en septembre 2019. (image d'illustration)
Pascal Affi N’Guessan était reçu par le vice-président Daniel Kablan Duncan pour évoquer la
situation de Laurent Gbagbo ainsi que l’environnement électoral à 8 mois de la présidentielle. Depuis le mois dernier, un dialogue politique a été engagé entre le gouvernement et les partis politiques en vue de préparer la loi électorale qui régira cette élection très attendue. Mais ce dialogue politique censé s’achever en fin de semaine dernière est entre parenthèses, pour ne pas dire au point mort.
Avec notre correspodnant à Abidjan, Pierre Pinto
Après plusieurs séances de discussions, les représentants des grandes formations d’opposition ont joué de nouveau un jeu dangereux il y a une semaine en ne venant pas le jour de la signature du document final. Une politique de la chaise vide qui avait permis au gouvernement de passer en force lors de discussions similaires sur la commission électorale l'an dernier.
Cette fois encore, les plateformes EDS emmenée par le FPI pro-Gbagbo, et CDRP emmenée par le PDCI, ainsi que le parti URD, ont tenu à marquer leur désaccord avec les positions du gouvernement et de la majorité sur la plupart des points discutés.
En fait, seul le financement des campagnes électorales par des fonds publics fait l’unanimité. Les questions de caution à verser par les candidats ou celle des parrainages à recueillir pourraient donner lieu à un terrain d’entente à en croire le numéro 2 du PDCI, Maurice Kakou Guikahue.
Pour le reste c’est le blocage. Le gouvernement refuse par exemple de s’engager sur le retour des exilés, ou la fin des poursuites judiciaires contre des opposants. À noter d’ailleurs que les Soroïstes n’ont pas été conviés à la table. Mais le point le plus litigieux concerne la CEI.
Si en principe la commission électorale, déjà installée, n’était pas concernée par ces discussions, certaines de ses prérogatives liées aux élections, elles, le sont. Sur ce point, Pascal Affi N’Guessan du FPI lui, préfère en appeler à l’arbitrage du chef de l’État. En attendant de le recontrer, il a été reçu jeudi par le vice-président Daniel Kablan Duncan.
À la sortie, il a de nouveau plaidé pour que la CEI soit « réorganisée » afin « qu’elle reflète l’ensemble des forces politiques du pays » et inspire « confiance à tous les acteurs ».
Par RFI