Le Luxembourg devient le premier pays à offrir des transports gratuits

Le Luxembourg deviendra ce samedi 29 février le premier pays au monde à offrir la gratuité des transports publics sur l’ensemble de son territoire. Une mesure qui va bénéficier aux résidents mais aussi aux frontaliers qui vont, de surcroît, économiser jusqu’à 50 % sur leur abonnement TER ou RegioZone.
À partir de ce samedi 29 février, tous les transports publics luxembourgeois seront gratuits. Le Luxembourg deviendra alors le premier pays au monde à prendre une initiative qui va dans ce sens qu’impose, à plus ou moins court terme, l’urgence climatique.
Mais si cette gratuité met le Grand-Duché sous le feu des projecteurs, et qu’elle sert de facto l’orientation écologique de la politique menée par le Luxembourg à grands frais (4,5 milliards d’euros seront investis dans l’extension et la qualité de l’offre de transport sur 8 ans), elle se veut avant tout une mesure sociale et va profiter aux cent millions d’usagers annuels.
Résidents au Grand-Duché et frontaliers vont ainsi bénéficier du tout gratuit sur l’ensemble des réseaux de transports publics luxembourgeois, à savoir CFL (trains), AVL (bus de la Ville de Luxembourg), Luxtram (tramway), RGTR (bus nationaux) et TICE (bus de la région sud), à l’instar des lycéens, étudiants et jeunes travailleurs (moins de vingt ans) qui en profitent déjà depuis 2018.

« Gratuité financée par la fiscalité générale »

L’accès à tous les transports se fera désormais sans billet. Un coup de pouce de 225 € (par an) pour tous les usagers détenteurs d’un abonnement courte distance et de 450 € (par an) pour les abonnés sans limite de parcours.
Mais cette mesure ne sera bien évidemment pas indolore pour l’État luxembourgeois qui devra composer avec un manque à gagner annuel de près de 41 millions d’euros qui correspondent à la vente des billets. « Les tarifications des transports en commun étaient très bon marché au Luxembourg. Elles étaient même les moins chères d’Europe », souligne François Bausch, vice Premier ministre en charge des Transports et des Infrastructures. Et de reprendre : « Cette gratuité sera financée par la fiscalité générale. Il n’y aura pas de fiscalité spécifique », martèle le vice Premier ministre qui a souhaité avancer l’entrée en vigueur de la gratuité au 29 février plutôt que le 1er  mars, comme cela était prévu initialement.

Une série de concerts

« Nous avons profité de cette année bissextile et de ce (rare) 29 février comme d’une date symbolique pour lancer la gratuité des transports. » Des concerts auront lieu dans les quatre gares, Belval-Université, gare de Luxembourg, Pfaffenthal-Kirchberg et Ettelbruck, samedi, et des interventions musicales déambulatoires dans les trains, bus et trams.
Samedi soir, tous les musiciens se retrouveront pour un grand concert donné au Neien Tramsschapp, au Kirchberg, pour un dernier adieu, en musique, au transport public payant.
Par Catherine ROEDER