Cameroun: massacres de Ngarbuh: Emmanuel Macron demande une "enquête impartiale" au cours d'un entretien téléphonique avec Paul Biya

Photo provided by the French Presidential Palace shows the official portrait of the French President Emmanuel Macron in Elysee Palace, Paris, France.
On aurait dû s'en douter, à l'annonce depuis Bamenda par le gouverneur de céans tel que nous l'avons
rapporté dans notre article précédent, d'une enquête ordonnée sous huitaine par le président Biya. Que cette annonce dans sa forme, participait d'une tentative d'anticiper le rendez-vous téléphonique de ce dimanche 1er mars entre le président Camerounais et son homologue français Emmanuel Macron, qui avait promis à l'activiste Calibri Calibro de "continuer à faire pression" et surtout qu'il appellerait le président Camerounais cette semaine pour que des.mesures soient prises pour mettre fin à l'escalade révélée par les tueries du 14 février 2020 à Ngarbuh.
Selon en effet une dépêche de l'AFP que nous reprenons ci-bas, M. Macron qui s'est entretenu au téléphone ce dimanche avec Paul Biya aurait demandé à ce dernier d'assurer qu'une enquête impartiale soit conduite au sujet des récents événements tragiques dans le Nord-Ouest. Autrement dit, en insistant sur la nécessité d'une enquête impartiale, le président français accorde peu de crédit à l'annonce antérieure d'une enquête gouvernementale ou administrative annoncée jeudi dernier par les autorités officielles camerounaises.
On le voit très bien, la confiance n'est pas au rendez-vous entre les deux partenaires historiques, du moins au lendemain des événements de Ngarbuh et l'émotion générale qu'ils ont provoqués jusqu'au coeur des Nations Unies, à la suite des ONG régionales et internationales des droits de l'homme et l'opposition ont demandé voire exigé une enquête indépendante pour établir les faits et, au besoin punir, les coupables.
#AGA
*EMMANUEL MACRON ET PAUL BIYA DISCUTENT DES VIOLENCES DANS L'OUEST DU CAMEROUN*
Par AFP - Mis à jour le 01/03/2020 à 21:35
Publié le 01/03/2020 à 21:35
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Au cours d'un entretien téléphonique, les deux dirigeants «ont évoqué la situation sécuritaire dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest du Cameroun».
Emmanuel Macron et son homologue camerounais Paul Biya ont échangé dimanche au téléphone sur la situation tendue dans l'ouest anglophone du Cameroun, huit jours après des propos critiques du président français.
Au cours d'un entretien téléphonique, les deux dirigeants «ont évoqué la situation sécuritaire dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest du Cameroun», a indiqué l'Elysée. «Ils se sont accordés sur la nécessité d'une enquête impartiale en réaction aux violences commises contre des populations civiles dans le village de Ngarbuh, dans la province du Nord-Ouest», a ajouté la présidence française. Le 22 février, M. Macron avait promis à un opposant camerounais qui l'avait interpellé en marge d'une visite au Salon de l'agriculture de Paris, de mettre «le maximum de pression» sur M. Biya pour que cessent «des violences au Cameroun qui sont intolérables».
Quelques jours plus tôt, le 14 février, des hommes armés - 40 à 50 portant tous des uniformes de l'armée et certains masqués, selon des témoignages recueillis par des travailleurs humanitaires contactés par l'AFP - avaient attaqué le quartier de Ngarbuh, dans la localité de Ntumbo, avant de tuer par balle et brûler des habitants. Selon l'ONU, qui a demandé une enquête indépendante et impartiale, 15 enfants dont neuf âgés de moins de cinq ans, font partie des 23 victimes. La présidence camerounaise avait réagi en «rejetant» les «propos surprenants» d'Emmanuel Macron. Le président camerounais «est comptable de son action devant le seul peuple camerounais souverain et non devant un dirigeant étranger, fut-ce un ami», avait ajouté son secrétaire général, Ferdinand Ngoh Ngoh.
L'Elysée a précisé dimanche que les deux présidents avaient «convenus de rester en contact sur le suivi des initiatives politiques issues du grand dialogue national, en particulier la mise en place d'un statut spécial pour les régions» du Nord-Ouest et du Sud-Ouest.
En octobre, l'inamovible président Biya, 86 ans dont 37 au pouvoir, s'était décidé, sous la pression internationale, à organiser un grand dialogue national pour «résoudre» la crise dans l'Ouest anglophone.
Par Alex Gustave