Coronavirus: la Belgique en confinement général mercredi à midi jusqu'au 5 avril

Le Conseil national de sécurité a décidé un confinement à la française. Seuls les déplacements
indispensables seront autorisés. La Première ministre Sophie Wilmès avait appelé avant cela à l'unité nationale contre le coronavirus.
Le Conseil national de sécurité, l'instance qui rassemble le fédéral et les entités fédérées, réuni ce mardi pour entendre les avis des experts, a décidé d'un confinement généralisé de la Belgique à partir de ce mercedi à midi. La situation de notre pays sera similaire à celle de pays comme l'Italie, l'Espagne ou la France, avec des modalités différentes. Ce confinement est prévu jusqu'au 5 avril. Une évaluation aura lieu à ce moment.
Les rassemblements sont interdits. La police sera chargée de faire respecter ce confinement. Il sera permis de sortir pour aller chez le médecin, acheter à manger (les supermarchés restent ouverts, avec une limitation du nombre de personnes présentes en même temps), se rendre à la banque, acheter ses journaux, faire des activités physiques, mais en maintenant la distanciation sociale. Les transports en commun seront fortement réduits, pas complètement interdits. Le monde économique ne sera pas complètement en lockdown, mais seuls les travailleurs ne pouvant pas télétravailler seront autorisés à circuler.

Des mesures pour tout le pays

"Il y a une demande de renforcement des mesures mais on doit les discuter, avait souligné le ministre-président wallon, Elio Di Rupo (PS), à l'entrée du Conseil national de sécurité. Nous devons trouver des mesures adaptées à la situation. Il faut aussi une unité dans le pays, c'est-à-dire que les mesures que nous prenons soient les mêmes en Flandre, en Wallonie et à Bruxelles." Une nouveau round de négociation est-il en vue en des tensions qui opposent les neuf partis qui soutiennent l'équipe Wilmès II et la N-VA, qui occupe la tête du gouvernement flamand?
La réunion s'est prolongée en raison de discussions au sujet de la nécessité d'agir plus vite et plus fort ou de continuer le phasage des mesures. Il s'agit de contrôler la progression de l'épidémie, tout en déterminant le moment adéquat pour décréter l'inéluctable lockdown total du pays.
Avant cela, lors de cette nouvelle journée cruciale pour le pays, la Première ministre, Sophie Wilmès, avait sollicité la confiance en son "nouveau" gouvernement, après avoir prêté serment au palais. L'équipe Wilmès II, composée des mêmes ministres que le gouvernement minoritaire en affaires courantes, est soutenue par une neuf partis démocratiques pour mener la lutte contre le coronavirus. Les socialistes, les écologistes, le CDH et DéFI appuieront donc de l'extérieur le MR, l'Open VLD et le CD&V. A plusieurs reprises, au parlement, Sophie Wilmès à appelé à l'union nationale dans la lutte contre le coronavirus. En précisant que "des mesures additionnelles" seraient rapidement prises. Ce qui est advenu mardi soir à l'issue de la réunion du Conseil national de sécurité.

La déclaration de Sophie Wilmès

Avant cela, la séance plénière de la Chambre s'est faite en mode "distanciation sociale", à l'instar de la prestation de serment au palais. Seuls les vice-Premiers ministres et les chefs de groupe des partis seront présents dans l'hémicycle. La Première ministre a fait une déclaration très solennelle, pour réclamer la confiance en vertu de l'accord qui a été posé. Elle a plusieurs fois insisté sur l'unité et la responsabilité. Pas par hasard: la N-VA a rejoint le Vlaams Belang dans une fronde contre cette nouvelle équipe et mène campagne pour dénoncer le caractère "non démocratique" de cette équipe.
"Le gouvernement a prêté serment dans des moments particuliers, a souligné la Première ministre. Je suis dévouée à la tâche qui me concerne. Le monde, l'Europe et la Belgique traversent une période sans précédent." Il s'agit de tout faire pour protéger les gens. "La relation entre le parlement et le gouvernement doit être forte. Certains partis ont compris l'urgence. Cette grande union est à la hauteur de la situation actuelle."
La Première ministre salue les personnes actives dans le domaine de la santé, actives en première ligne dans le combat contre l'épidémie. "Nous sommes tous touchés par cette pandémie", dit-elle en appellant à la solidarité.
A la fin de la séance, le kern et les entités fédérées se réuniront pour prendre rapidement des mesures additionnelles pour protéger la santé des citoyens, lors d'un Conseil national de sécurité qui analysera les avis des experts.
Sophie Wilmès salue le soutien des entités fédérées et souligne l'importance d'une majorité stable pour gérer la situation. Avec des pouvoirs spéciaux pour gérer la situation sanitaire, mais aussi prendre pas à pas des mesures pour relancer l'économie. La décision, rappelle-t-elle, vaut pour six mois. "Nous exécuterons cette confiance loyalement", insiste la Première ministre. Des réunions régulières auront lieu entre le "kern" et les responsables des partis qui le soutiennent.
"L'heure est à l'unité, au rassemblement, au-delà de cette assemblée, insiste-t-elle. Cela se construit heure par heure. Ensemble, nous devons montrer chaque jour que nous pouvons dépasser les différences idéologiques qui nous ont trop occupé ces derniers mois!"
Le débat avant le vote de confiance aura lieu mercredi, là encore en version "distanciation sociale", et le vote jeudi.
Par levif.be