Coronavirus: la Chine ferme ses frontières, les étrangers se disent stigmatisés

À l’heure où l’épidémie semble se stabiliser dans le pays, après avoir fait 3 301 morts et plus de
82 214 cas, les autorités chinoises ont décidé de fermer les frontières à compter de ce samedi 28 mars.
Avec notre correspondant à Zhengzhou, Zhifan Liu
Au plus fort de l’épidémie en Chine, le régime communiste avait dénoncé la décision des États-Unis de fermer leurs frontières aux ressortissants chinois. Quelques mois plus tard, la Chine a décidé de faire de même pour tous les étrangers - même pour les détenteurs d’un permis de séjour.
Le régime communiste affirme que cette décision a pour but de protéger le pays ainsi que le monde entier, et qu’elle vise à préserver les efforts de la Chine qui lui ont permis de maîtriser la situation sur son sol.
D’après les chiffres officiels, la majorité des cas de contaminations observés ces derniers jours sont des cas « importés » de l’étranger.
Jusqu’ici, la Chine a recensé 649 de ces cas. Conséquence directe : de nombreux établissements hôteliers n’acceptent plus les détenteurs de passeports étrangers, même si ces derniers n’ont pas quitté la Chine depuis des mois. Un journaliste canadien a tenté de faire une réservation auprès de neuf hôtels de Pékin, sans succès. D’autres commerces affichent des écriteaux avec la même consigne : pas d’étrangers acceptés.
Prompt à dénoncer l’appellation stigmatisante de « virus chinois » utilisée par Donald Trump pour désigner le Covid-19, Pékin se concentre donc désormais sur les étrangers... alors que 90% des cas importés sont des ressortissants chinois de retour en Chine, selon les chiffres officiels.
Par RFI