Coronavirus : New York, la ville qui ne dort jamais, a finalement éteint la lumière

Les riches de l’Upper East Side ont fui dans leurs résidences secondaires et font bombance, Times
Square est vide et Wall Street est désert. Les plus pauvres, eux, doivent s’adapter à la vie sans école.
On a pris sa voiture, et l’on est parti, le plus loin possible. Direction Montauk, pointe avancée de Long Island, avec son phare battu par les flots de l’Atlantique, à 200 kilomètres à l’est de Manhattan. En cette période de l’année, on avait trouvé un hôtel à prix bradé et l’on s’attendait à ce que tout soit fermé en cette fin d’hiver. L’on pénètre dans un restaurant au bord de l’eau, Harvest on Fort Pond : salle comble !
Les New-Yorkais ont emporté ordinateurs et enfants. Et ils font bombance, poissons et vin blanc, plus méfiants que d’habitudes vis-à-vis des plus jeunes, porteurs sains du coronavirus. Ne propagent-ils pas avec certitude le SARS-CoV-2 ? La tenancière s’en fiche : « Ce qui nous arrive, je l’encaisse. »
Ainsi les quartiers chics de Manhattan sont-ils désertés, les plus riches ayant rejoint leurs résidences des Hamptons, sur Long Island, ou dans la vallée de l’Hudson, au nord de New York. En cette période, les très riches sont habituellement à Aspen, station cossue du Colorado. Mais les stations de ski ont fermé pour cause d’épidémie, et l’entrepreneuse de Big Apple Julie Macklow a dû se rabattre sur sa maison des Hamptons. Tout cela n’est pas évident : quand on est riche, on s’arrange souvent pour faire « château à part ». « Tout l’Upper East Side va divorcer, parce que chacun est obligé de prendre des vacances et de vivre ensemble », déclare la New-Yorkaise, à moitié sérieusement, au magazine Town & Country.
Le Monde