Kenya: des élus proposent de divulguer les noms des malades du coronavirus

Un employé du ministère kényan de la Santé propage du désinfectant sur un rocher dans un marché de Nairobi, le 21 mars 2020.
Alors que le pays n’a pas encore enregistré plus d’une dizaine de malades du Covid-19, plusieurs élus
souhaitent que l’identité des Kényans contrôlés positifs soit révélée  pour faciliter le traçage des personnes entrées en contact avec les malades. Mais tout le monde n’est pas d’accord. Et le gouvernement a déjà écarté cette possibilité.
Avec notre correspondant à Nairobi, Sébastien Németh
C’est le sénateur Moses Wetangula qui a mis les pieds dans le plat. Selon l’opposant, révéler l’identité des malades « permettra de mieux retrouver ceux qui sont entrés en contact avec des gens infectés ». Cela aidera aussi beaucoup de personnes à « se faire diagnostiquer » à leur tour, dit-il.
Une idée qui pourrait être dangereuse. Lors de l’épidémie d’Ebola en Afrique de l’Ouest, beaucoup de malades ont été ostracisés, voire bannis de chez eux par leurs voisins effrayés. Mais Moses Wetangula estime que le contexte est différent. « Il n’y a pas de stigmatisation avec le coronavirus », pense-t-il, avant de citer l’exemple d’acteurs, sportifs, politiciens ayant publié les résultats de leurs tests.
Eseli Simiyu, député de Tongaren et médecin, s’est dit d’accord. Selon lui, « la confidentialité n’aidera pas si l’épidémie s’aggrave. » Mais l’élu de Likuyani, Enoch Kibunguchi, lui aussi médecin, y est opposé. Il parle d’un « risque de rejet des malades, même après leur guérison. » Il juge également cette mesure inutile. « Si vous donnez un nom, combien de personnes dans le pays sauront de qui il s’agit ? » s’interroge-t-il.
Le gouvernement a en tout cas rejeté toute publication d’identité. Selon son porte-parole, la loi est « très claire ». La confidentialité est garantie.
Par RFI