Le patron de l’OMS qualifie le virus d’«ennemi de l’humanité»

(Genève) L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a qualifié mercredi le nouveau coronavirus
d’« ennemi de l’humanité », appelant en particulier l’Afrique à se préparer « au pire » même si le continent est encore peu touché.
« Ce coronavirus constitue une menace sans précédent. Mais c’est aussi une occasion sans précédent de nous rassembler contre un ennemi commun, un ennemi de l’humanité », a déclaré Tedros Adhanom Ghebreyesus, au cours d’une conférence de presse virtuelle.
« Plus de 200 000 cas ont été signalés à l’OMS et plus de 8000 personnes ont perdu la vie », a-t-il ajouté, soulignant que plus de 80 % des cas ont été recensés en Europe et dans le Pacifique occidental.
Mais le patron de l’OMS a une fois de plus demandé à l’ensemble de la communauté internationale de se mobiliser, insistant sur le fait que « l’Afrique devrait se réveiller, mon continent devrait se réveiller ».
Il a expliqué que 233 cas avaient été répertoriés par les autorités en Afrique subsaharienne, avertissant que de nombreux cas n’étaient sans doute pas détectés ou signalés.
« Dans d’autres pays, nous avons vu comment le virus s’accélère après un certain seuil. Donc le meilleur conseil à donner à l’Afrique est de se préparer au pire et de se préparer dès aujourd’hui », a affirmé Tedros Adhanom Ghebreyesus, originaire d’Éthiopie.

43 millions de dollars

Le 11 mars, l’OMS avait qualifié l’épidémie de la COVID-19 de « pandémie », poussant de nombreux pays à prendre des mesures exceptionnelles.
« Tous les jours, l’OMS parle à des ministres de la Santé, à des chefs d’État, au personnel soignant, à des dirigeants hospitaliers et industriels […] afin de les aider à se préparer et à établir des priorités, en fonction de leur situation spécifique », a insisté M. Tedros.
Il a expliqué que l’OMS recommandait toujours de dépister tous les cas suspects et de les isoler, soulignant que les mesures de « distanciation » sociale à elles seules, comme celles récemment prises par de nombreux pays européens, ne suffisent pas.
« Les mesures d’éloignement physique – comme l’annulation de manifestations sportives, de concerts et d’autres grands rassemblements – peuvent contribuer à ralentir la transmission du virus, réduire la charge qui pèse sur le système de santé et contribuer à rendre les épidémies gérables […], mais pour contrôler et mettre fin aux épidémies, les pays doivent tester, isoler et suivre les contacts », a-t-il détaillé.
« S’ils ne le font pas, les chaînes de transmission vont continuer » à exister et « resurgir une fois que les mesures d’éloignement physique seront levées », a-t-il averti.
Plusieurs pays européens ont dit ne pas pratiquer un dépistage généralisé des cas et le directeur exécutif du Programme pour les urgences de l’OMS, Michael Ryan, a déclaré qu’il ne pensait pas qu’il s’agissait d’une question de quantités de tests disponibles, mais de « stratégie ».
Face à la pandémie, l’OMS a mis en place un fonds de réponse solidaire, destiné à recevoir des contributions d’entreprises, de fondations, d’institutions ou même d’individus. À ce jour, 43 millions de dollars ont été reçus, dont 10 millions de la FIFA.
Début février, l’OMS avait demandé 675 millions de dollars (613 millions d’euros) pour combattre le coronavirus jusqu’en avril. 
Par lapresse.ca