Pipeline Tchad-Cameroun : l’américain ExxonMobil et le malaisien Petronas veulent céder leurs actifs

La plateforme Business Wire a annoncé, le 10 mars 2020, que la société japonaise, Osaka Matsui
Management, spécialisée dans la gestion d’actifs et le conseil en investissements, travaille actuellement sur la vente des actifs des firmes pétrolières ExxonMobil et Petronas, sur le pipeline Tchad-Cameroun.
« Le géant pétrolier malaisien Petronas travaille avec un conseiller sur la cession potentielle de sa participation de 35% dans le projet […] et ExxonMobil travaille avec un autre conseiller pour vendre également sa participation de 40% », a révélé Michael Carter, directeur de Global Actions chez Osaka Matsui Management. Et ce dernier de préciser que « les avoirs combinés des deux sociétés pétrolières pourraient valoir plus d’un milliard de dollars ».
Gigantesque infrastructure de transport du pétrole brut produit au Tchad, en vue de son exportation à partir du terminal de Kome à Kribi, dans le sud du Cameroun, le pipeline Tchad-Cameroun a été officiellement mis en service le 3 octobre 2003. Long de plus de 1000 km, cet oléoduc a été financé par la Banque mondiale et un consortium de firmes pétrolières constitué par ExxonMobil, Petronas et Chevron-Texaco (qui a vendu ses actifs dans ce projet à l’Etat tchadien en 2014).
Selon les experts, profitant de l’embellie sur les cours mondiaux du brut, ce consortium avait réussi, 3 ans seulement après la mise en service de l’oléoduc Tchad-Cameroun, à amortir cet investissement d’environ 2300 milliards FCFA.
Pendant ce temps, le Cameroun s’est contenté d’un droit de transit d’un montant total de 85,5 milliards FCFA au cours des huit premières années de fonctionnement du pipeline, à en croire les statistiques révélées en 2012 par le Comité de pilotage et de suivi des pipelines (CPSP).
Après d’âpres négociations, le gouvernement camerounais a obtenu une revalorisation de ce droit de transit le 29 octobre 2013, afin de tirer davantage profit du pipeline Tchad-Cameroun. Désormais, ce droit de transit est actualisé tous les 5 ans. La dernière actualisation, qui a conduit à une nouvelle revalorisation, a eu lieu en 2018, et la prochaine interviendra en septembre 2023.
Brice R. Mbodiam
Par Agence Ecofin