Au Danemark et en Pologne, l’Etat n’aidera pas les entreprises qui font de l’évasion fiscale

Les entreprises danoises qui versent des dividendes, rachètent leurs propres actions ou sont enregistrées dans des paradis fiscaux ne seront éligibles à aucun des programmes d’aide du gouvernement.

A quelles conditions faut-il aider les entreprises ? Et faut-il leur imposer des contreparties ? Le débat fait rage en France et un peu partout en Europe. Les gouvernements danois et polonais viennent ainsi d’annoncer que les entreprises utilisant des paradis fiscaux ne seront pas éligibles à leurs programmes d’aide.

Le gouvernement danois, qui vient de prolonger la durée de ses programmes d’aide aux entreprises et d’ajouter de nouvelles mesures pour augmenter les dépenses d’environ 100 milliards de couronnes (soit 15 milliards de dollars), a annoncé que les entreprises qui versent des dividendes, rachètent leurs propres actions ou sont enregistrées dans des paradis fiscaux ne seront éligibles à aucun de ces programmes, explique Bloomberg.
Le ministre des Finances, Nicolai Wammen, a déclaré dans une interview à la chaîne de télévision TV2 que le Danemark prévoyait de financer partiellement de nouvelles mesures de soutien en émettant des obligations d’État. « Nous avons une position plus solide que de nombreux autres pays et nous sommes en mesure d’emprunter de l’argent pour surmonter cette situation de la meilleure façon possible », a-t-il déclaré.

La Pologne veut prévenir les licenciements

De son côté, le gouvernement polonais a fait savoir qu’il était prêt à soutenir les entreprises avec un programme d’aide d’une valeur de 100 milliards de zloty (soit 22 milliards d’euros). Mais Mateusz Morawiecki, le Premier ministre, a prévenu que pour bénéficier de ces aides, les entreprises devaient répondre à deux conditions : ne procéder à aucun licenciement et payer des impôts en Pologne. « Mettons fin aux paradis fiscaux, qui sont le fléau des économies modernes », a lancé le dirigeant. Le gouvernement estime que ce programme d’aides pourrait sauver entre deux et cinq millions d’emplois