Australie : pour les migrants, un bagne qui n'en finit pas

Un manifestant affiche son soutien avec les migrants envoyés dans des centres de détention, à Melbourne, le 1er septembre 2019.

Les derniers migrants incarcérés au mépris des lois par les autorités de Canberra viennent d'être libérés. Mais leur calvaire est loin d'être terminé.

Ils avaient quitté l'Afghanistan ou la Syrie pour l'Australie. Mais, au lieu de rejoindre le paradis des surfeurs, ils se sont retrouvés au bagne. Durant des années, des milliers de migrants, arrivés illégalement par la mer, ont été systématiquement envoyés dans des camps de rétention sur l'île de Manus (Papouasie-Nouvelle-Guinée) et sur l'État insulaire de Nauru. Au total, plus de 3 000 personnes y ont vécu dans des conditions effroyables de chaleur, de promiscuité et de violences. Oubliées du monde. 
Ces prisons ont fait l'objet de reportages, de films documentaires chocs et d'un livre, écrit par Behrouz Boochani, un journaliste qui a passé six ans dans l'une de ces prisons offshore. "J'ai voulu échapper à un système répressif, mais je me suis retrouvé incarcéré", résume ce Kurdo-Iranien, dont l'ouvrage, Témoignage d'une île-prison (Editions Hugo & Cie), a été récompensé par le prix Victoria, la plus prestigieuse distinction littéraire australienne. C'est notamment grâce à lui que le monde a pris connaissance du système mis en place par le gouvernement travailliste de Canberra. 
Augustine Passilly (Christchurch)