Climat : nos économies risquent de souffrir “pendant des siècles”, alerte l’ONU

Climat : nos économies risquent de souffrir “pendant des siècles”, alerte l’ONU 

Les efforts considérables des Etats pour lutter contre la pandémie et son impact économique ne doivent pas les inciter à relâcher leurs efforts sur le front du réchauffement climatique, qui risque de menacer de façon durable nos économies, alerte l'ONU.

Alors que la pandémie de coronavirus tend à monopoliser l'attention des grandes puissances, celles-ci doivent impérativement, en parallèle, maintenir un effort conséquent en matière de lutte contre le réchauffement climatique, indique l'ONU. Rappelant que les vagues de chaleur constituent l'aléa météorologique le plus meurtrier depuis 2015, elle a appelé mercredi les pays à "circonscrire le changement climatique tout autant que la pandémie", a demandé Petteri Taalas, secrétaire général de l'Organisation météorologique mondiale (OMM), à l'occasion de la cinquantième Journée de la Terre.
"Certes, la (maladie de) Covid-19 a provoqué une grave crise sanitaire et économique au plan mondial, mais si nous ne luttons pas contre le changement climatique, le bien-être humain, les écosystèmes et les économies pourraient être menacés pendant des siècles", a averti le chef de cette agence onusienne, cité dans un communiqué. La pandémie de nouveau coronavirus a fait plus de 175.000 morts dans le monde depuis son apparition fin décembre en Chine et mis à l'arrêt des pans entiers de l'économie.
Cette situation pourrait entraîner une "réduction temporaire" des émissions de gaz à effet de serre, principaux responsables du réchauffement climatique, selon l'OMM pour qui cet état de fait ne doit pas remplacer une "action durable en faveur du climat". 
L'ONU est d'autant plus inquiète que "les crises économiques précédentes ont souvent été suivies d'une reprise accompagnée d'une croissance des émissions de carbone bien plus forte". Elle réclame la mise en place de plans de relance post-pandémie favorisant une "croissance plus verte". "Nous devons faire preuve de la même détermination et de la même unité dans notre lutte contre le changement climatique que dans celle que nous menons contre la (maladie de) Covid-19", a demandé M. Taalas. "Nous devons agir ensemble dans l'intérêt de la santé et de la qualité de vie de l'humanité, non seulement dans les semaines et les mois qui viennent, mais aussi pour les nombreuses générations à venir", a-t-il insisté.
Records de chaleur, acidification des océans, élévation du niveau de la mer, fonte des glaciers... tous ces indicateurs font état d'une accélération du changement climatique ces cinq dernières années, d'après le rapport sur le climat mondial en 2015–2019. Alors que cette période a été la plus chaude jamais constatée, les experts s'attendent à ce que la température moyenne mondiale batte un nouveau record au cours de la prochaine période quinquennale (2020–2024).
Selon les analyses de l'Organisation mondiale de la santé, le risque global de maladie ou de décès lié à la chaleur s'est accru régulièrement depuis 1980. Et environ 30% de la population mondiale vit désormais dans des régions climatiques sujettes à des canicules meurtrières au moins 20 jours par an. Les fortes pluies et les inondations qui en découlent créent des conditions favorables à l'apparition de diverses épidémies, dont de choléra. Dans les pays où cette maladie est endémique, il est estimé qu'1,3 milliard de personnes sont ainsi menacées, selon l'ONU.
Par Capital