Contre le Covid-19, le Brésilien Jair Bolsonaro prône le jeûne et la levée du confinement

Alors que l'épidémie de Covid-19 prend de l'ampleur au Brésil, le président Jair Bolsonaro prône le
jeûne religieux, veut lever les mesures de confinement et renvoyer les Brésiliens au travail. Au Mali, le chef de l'opposition a été enlevé mais il remporte les législatives au premier tour.
Oubliez la chloroquine, le président du Brésil Jair Bolsonaro a trouvé la solution contre le coronavirus !
Et il le dit dans une interview donnée hier soir à la radio Jovem Pan : le président d'extrême-droite préconise une grande journée de jeûne religieux pour dit-il "délivrer le Brésil du mal" Covid-19.
On notera tout de même une certaine gradation dans ses propos, puisqu'en début de semaine le même Jair Bolsonaro évoquait la pandémie actuelle comme une "petite grippe" qui ne méritait pas sans doute pas tout le ramdam qu'on faisait pour elle. Mais au moment où les dirigeants de ce monde s'entourent de scientifiques pour faire face à la crise globale la plus grave depuis la 2e guerre mondiale, le président brésilien, que l'on sait fervent évangéliste, a choisi de rassembler autour de lui des pasteurs, avec qui il semble avoir décidé que le grand jeûne expiateur serait organisé dimanche.
Ensuite, eh bien comme nous l'indique l'édition brésilienne d'El Pais, Jair Bolsonaro semble toujours déterminé à lever les mesures de quarantaine mises en place récemment pour les entreprises. Il affirme être prêt à le faire par décrêt, car la priorité selon lui c'est de relancer l'économie nationale, mais il reconnaît tout de même qu'il n'a pas pour le moment le soutien nécessaire de la population pour cette mesure.
Et pour cause, comme le dit à O Globo un scientifique de la cellule de crise Covid-19 au Brésil, le nombre de personnes contaminées par le coronavirus devrait au moins doubler à travers le pays dans les jours qui viennent. L'épidémie là-bas n'en est qu'à ses débuts, et le flou sur les mesures prises (ou pas) au sommet de l'Etat ne va clairement rien arranger.
Car Jair Bolsonaro s'oppose à des mesures de confinement strict et ça lui vaut des contestations de plus en plus vives au sein-même de son gouvernement : les journaux à Rio et Sao Paulo, comme l'Estadao ou la Folha, font leur Une sur les attaques répêtées de Jair Bolsonaro en particulier contre son ministre de la santé, Luiz Henrique Mandetta, qui est médecin, favorable au confinement, et qui contre-attaque sur le site Brasil247 en expliquant que lui base son travail "sur des critères scientifiques et pas politiques" comme son patron. 
Plus surprenant encore, le ministre de la Justice, Sergio Moro, l'un des alliés les plus proches du président, fait savoir dans le quotidien Estado de Minas que selon lui, oui "les mesures de distanciation sociale sont indispensables pour éviter la propagation du virus et l'effondrement du systèmede santé brésilien"... ce en quoi il contredit clairement le président.  
Un président, qui voit aussi la Justice prendre son indépendance : c'est à lire à nouveau dans El Pais. Des avocats, des ONG, des partis politiques ont lancé des dizaines de poursuites contre le Chef de l'Etat pour "crimes contre la santé publique", jusque devant la Cour fédérale suprême. Et déjà, ajoute l'Estadao de Sao Paulo, un juge vient d'ordonner au chef de l'Etat de suspendre un décrêt qui lui était cher : celui qui permettait aux églises de rester ouvertes quand tous les autres lieux publics sont fermés au Brésil. 
Direction à présent le Mali où l'on connait depuis hier soir les résultats du premier tour des élections législatives de dimanche dernier
Oui un premier tour maintenu malgré tout, comme le disait dimanche l'Observateur Paalga, "entre le marteau des djihadistes et l'enclume du coronavirus".  
Des législatives, poursuit le Sahélien, avec deux candidats enlevés dans les tous derniers jours de la campagne, et dont on est toujours sans nouvelle. Parmi eux se trouve Soumaïla Cissé, le chef de l'opposition malienne, ancien finaliste de la dernière présidentielle, enlevé mercredi dans sa circonscription électorale par de "présumés terroristes".
Au vu donc des résultats dévoilés hier, il se confirme que le premier tour n'a pas déplacé les foules, trop inquiêtes, à double raison, pour leur santé et leur sécurité... à peine plus d'un tiers seulement des électeurs se sont rendus aux urnes, indique RFI, avant de nous annoncer que 17 candidats ont été élus dès le premier tour... parmi lesquels se trouve Soulaïma Cissé, le chef de l'opposition... "plébiscité" selon le site MaliWeb, dans son fief électoral de Niafounké...malgré le fait qu'il est, donc, retenu prisonnier. MaliWeb espère que cette victoire électorale sera "un déclic et permettra la libération" du désormais député.
Pour l'instant le deuxième tour de ces législatives au Mali est lui maintenu pour le 19 avril, alors que pour cause de coronavirus "les écoles de tout le pays sont fermées depuis le 17 mars... et cela pourrait durer jusqu'à la fin de l'année scolaire" selon MaliActu. Les Maliens semblent avoir du mal à comprendre quelles sont les règles à respecter : dans son édito d'hier le quotidien Le Carrefour, de Bamako, dénonçait "l'incivisme", non pas de la population mais bien du président Ibrahim Boubacar  Keita. Il lui est notamment reproché d'avoir permis à des milliers de Maliens de France de rentrer au pays par avion, dérogeant aux règles de fermeture des frontières aériennes et sans que des mesures de quarantaine obligatoire ne soient mises en place, alors que l'épidémie était déjà très vive en France.
Par franceculture.fr