Covid-19 : « La maladie n’est peut-être pas immunisante »

L’infectiologue Florence Ader, qui coordonne les essais cliniques Discovery pour trouver un traitement capable d’enrayer la pandémie, a précisé dimanche soir les quelques certitudes et les importantes zones d’ombre concernant ce virus.

A propos du coronavirus, il y a des choses que nous savons, et des choses que nous ne savons pas, a expliqué dimanche soir le professeur Florence Ader, infectiologue et pneumologue à l’hôpital de la Croix-Rousse des Hospices Civils de Lyon (HCL). Invitée à faire une présentation lors du point presse du premier ministre Edouard Philippe et du ministre de la Santé Olivier Véran, cette spécialiste, qui coordonne notamment l’essai clinique Discovery lancé dans plusieurs pays d’Europe sous l’égide de l’Inserm pour identifier les meilleurs traitements au Covid-19, a détaillé les informations connues, mais aussi les « incertitudes » qui demeurent sur le virus.
On connaît la structure du virus, et son génome, rendu public en début de pandémie par les laboratoires chinois, a expliqué l’infectiologue. On connaît ses récepteurs d’attachement, ce qui est important pour comprendre la manière dont il agit et travailler sur des thérapies adaptées. On connaît bien aussi les descriptions cliniques de la maladie Covid-19 qu’il engendre, sa chronologie, ainsi que les étapes de la réponse immunitaire - via les anticorps - que génère le patient atteint.

D’importantes incertitudes

Il reste cependant des points obscurs, a insisté Florence Ader. La communauté scientifique ne sait notamment pas expliquer les disparités de réaction selon le genre : pourquoi les femmes sont-elles beaucoup moins atteintes que les hommes ? On ne connaît pas les causes exactes du faible impact de cette maladie sur les enfants. On ne sait pas non plus identifier les déterminants qui causent des formes graves du Covid-19, ni expliquer ses disparités épidémiologiques.
Enfin, et plus préoccupant encore : on n’a aucune garantie, à ce stade, que la maladie soit réellement immunisante. « La maladie n’est a priori peut-être pas immunisante », a affirmé Florence Ader, ajoutant que c’était une question à laquelle il était difficile de répondre à ce stade. Une personne guérie n’est donc pas certaine d’avoir généré les anticorps à un niveau qui lui permettra de ne plus retomber malade si elle croise à nouveau le virus.