Covid : selon le « Financial Times », il y aurait plus de 40 000 morts au Royaume-Uni, le double du bilan officiel

Cette estimation, publiée par le « Financial Times », prend en compte le nombre de victimes estimées hors hôpitaux depuis le début de la pandémie.

Le bilan du Covid-19 est-il nettement sous-estimé au Royaume-Uni ? Le « Financial Times » le pense. Le quotidien économique britannique estime que le virus a causé non pas 17 337 morts, comme le dit le bilan officiel mis en avant par le gouvernement, mais le double. Jusqu’à 41 000 décès seraient en réalité déjà à déplorer.
Le bilan mis à jour quotidiennement par les autorités ne prend en compte que les personnes décédées dans les hôpitaux après avoir été testées positives au virus, rappelle le « FT ». Pour son analyse, le quotidien a procédé différemment en se prêtant à une extrapolation basée sur des données de l’Office for National Statistics (ONS), ce qui inclut les décès survenus hors hôpitaux.
Cette méthodologie conduit le « Financial Times » à remettre également en question la trajectoire de la pandémie. Malgré les 823 décès constatés à l’hôpital mardi, soit une forte hausse par rapport aux 24 heures précédentes, le taux de mortalité aurait tendance à baisser, affirme le « FT », soutenant que le pic de décès au Royaume-Uni a déjà eu lieu. Il s’est probablement produit en réalité le 8 avril dernier, affirment les journalistes.

Les données de l’ONS montrent en effet que le nombre de décès enregistrés au cours de la semaine se terminant le 10 avril était de 75 % supérieur à la normale en Angleterre et au pays de Galles, le niveau le plus élevé depuis plus de vingt ans. Des tendances similaires ont été observées en Écosse et en Irlande du Nord. « Je ne pense pas que nous ayons jamais vu une telle augmentation brutale des décès », souligne Carl Henegan, professeur de médecine factuelle à l’université d’Oxford.

Des personnes âgées de plus de 75 ans

Tous ces décès supplémentaires sont-ils vraiment dus au coronavirus ? L’ONS a déclaré mardi qu’il avait demandé au Public Health England d’enquêter sur les raisons pour lesquelles les décès dans les foyers de soins avaient augmenté si fortement.
Mais le « Financial Times » cite plusieurs spécialistes expliquant que, si le Covid n’est pas toujours mentionné comme cause sur de nombreux certificats de décès, il est fortement probable qu’il s’agisse d’un facteur direct ou indirect. Parmi ceux qui sont morts d’autres causes, certains peuvent avoir eu trop peur d’aller à l’hôpital pour ne pas engorger les services de santé. Ces cas, soutiennent-ils, doivent donc être considérés comme de potentielles victimes indirectes du virus.
Les données de l’ONS montrent par ailleurs que la grande majorité de tous les décès supplémentaires estimés concernent des personnes âgées de plus de 75 ans. Cette tranche d’âge représentait ainsi 70 % de ces victimes. Soit la même proportion que ceux qui sont officiellement morts du Covid.