Etats-Unis : les manifestations anti-confinement se multiplient après les déclarations de Trump

"Les chiffres mentent", ou "Rouvrez le N.H.", disaient certaines pancartes brandies par les
manifestants, au milieu de drapeaux américains. Parmi eux figuraient des hommes en cagoules et armés, a constaté l'AFP.
A Annapolis, capitale du Maryland, les manifestants restaient en voiture, et l'AFP en a vu environ 200 défiler devant le Parlement local. "La pauvreté tue aussi", disait une pancarte, "je n'obéirai pas à des décrets illégaux", disait une autre.
A Austin, capitale du Texas, Etat le plus peuplé après la Californie, ils étaient environ 250, armés de pancarte dénonçant notamment "l'effondrement économique" précipité par la mise à l'arrêt de toutes les activités non "essentielles", qui a fait exploser le nombre de chômeurs et fait perdre à beaucoup tout revenu.
Appel à "libérer" des Etats démocrates
Vendredi, Donald Trump, qui ne cache pas sa hâte de "rouvrir" l'économie du pays tout en laissant les gouverneurs de chaque Etat décider quand et comment lever les restrictions, avait appelé à "libérer" du confinement trois Etats gérés par des gouverneurs démocrates - Michigan, Minnesota et Virginie.
Selon Corentin Sellin, historien spécialiste des Etats-Unis, les tweets de Donald Trump ont été publiés "concomitamment de la diffusion sur [la chaîne conservatrice] FoxNews de séquences sur [d]es manifestants patriotiques" réclamant la fin du confinement.
"Trump ne s'adresse pas dans les tweets aux gouverneurs démocrates, ce qui aurait pu passer pour une injonction politique circonstancielle. Non. Quelques heures avant les manifestations, il appelle à 'libérer' les Etats et rejoint un mouvement de rébellion locale", ajoute l'historien dans une série de tweets.
Des motivations pas toujours politiques
Si ces rassemblements semblaient réunir beaucoup de partisans de Donald Trump, certains participants ont souligné que leurs motivations n'étaient pas politiques.
Dolores, une coiffeuse qui manifestait à Annapolis, a expliqué ne plus pouvoir travailler ni toucher aucune aide gouvernementale, car elle est employeuse et non employée. "Il faut que je sauve mes affaires, je dois travailler pour vivre, sinon je vais mourir", a-t-elle dit à l'AFP.
De telles manifestations se sont multipliées ces derniers jours à travers les Etats-Unis, pays le plus frappé par le coronavirus avec plus de 715 000 cas et 37 000 morts, alors que le chômage explose et que beaucoup de gens ont perdu leurs revenus, dans un pays au filet de protection sociale limité.
La plus importante à ce jour s'est déroulée mercredi à Lansing, capitale du Michigan, où quelque 3 000 personnes ont vilipendé les mesures de confinement de la gouverneure démocrate Gretchen Whitmer.
France 24 Avec AFP