L'absence de Kim Jong Un à une cérémonie officielle nourrit les spéculations

Le dirigeant nord-coréen Kim Jong Un, le 30 juin 2019 dans la zone démilitarisée de Panmunjon

Le leader nord-coréen n'est apparu sur aucune des photographies officielles prises lors du 108e anniversaire de la naissance du fondateur du régime, Kim II Sung.

Mais où est passé Kim Jong Un ? La Corée du Sud a minimisé ce mardi des informations selon lesquelles le dirigeant nord-coréen Kim Jong Un aurait été récemment opéré, alors que certains observateurs s'interrogent sur son absence lors de célébrations à Pyongyang la semaine dernière. 
La Corée du Nord a marqué le 15 avril le 108e anniversaire de la naissance du fondateur du régime, Kim Il Sung, qui est le grand-père du dirigeant actuel. Cette date est de loin la plus importante du calendrier politique au Nord. Mais Kim Jong Un n'a été vu sur aucune des photographies officielles. 
Daily NK, un média en ligne géré essentiellement par des Nord-Coréens ayant fait défection, a affirmé que le dirigeant nord-coréen avait été opéré en avril pour des problèmes cardio-vasculaires et qu'il était en convalescence dans une villa dans la province de Phyongan du Nord. "La raison du traitement cardio-vasculaire urgent qu'a subi Kim était son tabagisme excessif, son obésité et sa fatigue", affirme Daily NK en citant une source nord-coréenne non identifiée. Cette information n'a pas été confirmée. Mais elle a suscité un déluge de spéculations. 

Opéré d'un kyste en 2014

Citant un responsable américain, CNN rapporte que Washington "étudie des informations" selon lesquelles Kim Jong Un est "en danger grave après une opération chirurgicale", sans dire si ces "informations" sont en fait l'article de Daily NK.
"Nous n'avons rien à confirmer et aucun mouvement particulier n'a été détecté en Corée du Nord", a déclaré dans un communiqué un porte-parole de la Maison bleue, la présidence sud-coréenne. L'agence de presse sud-coréenne Yonhap a de son côté cité un haut responsable sud-coréen affirmant, sous couvert de l'anonymat, que les informations selon lesquelles Kim Jong-Un serait gravement malade ne sont "pas vraies". 

La dernière apparition publique de Kim Jong-Un à avoir fait l'objet d'une couverture photo par les médias officiels remonte au 11 avril, lorsqu'il avait présidé une réunion du bureau politique du parti au cours de laquelle ce dernier avait appelé à des mesures plus fortes contre le nouveau coronavirus. Pyongyang, qui a fermé ses frontières et mis en oeuvre des restrictions pour la population, continue de dire qu'aucun cas de Covid-19 n'a été recensé sur son sol. 
Ce n'est pas la première fois que "l'absence" de Kim alimente toute sorte de spéculations. En 2014, il n'avait pas été vu pendant six semaines, avant de réapparaître avec une canne. Les services de renseignements sud-coréens cités par Yonhap avaient affirmé qu'il avait subi une opération visant à lui enlever un kyste à la cheville. 

"Personne ne sait"

"Personne ne sait ce qui se passe à l'intérieur de la Corée du Nord", a rappelé Martyn Williams, qui est affilié à l'institut 38 North. "Kim Jong Il était mort plusieurs jours avant que cela ne soit annoncé, et cela a pris tout le monde par surprise", a-t-il observé dans un tweet. 
"Kim Jong Un a déjà été porté 'disparu' mais il est toujours réapparu. Ceci dit, son absence cette semaine était plus que notable." Certains responsables sud-coréens ont fait part de leurs doutes quant à la crédibilité des informations de Daily NK
La couverture de l'actualité nord-coréenne est particulièrement compliquée, surtout pour tout ce qui a trait à la vie privée de Kim Jong-Un, qui est un des secrets les mieux gardés du régime. Le ministère sud-coréen de l'Unification, qui gère les questions inter-coréennes, et celui de la Défense se sont refusés à tout commentaire. 
Moon Chung-in, conseiller à la sécurité du président sud-coréen Moon Jae-in, a déclaré n'avoir rien entendu de spécial concernant la santé de Kim Jong-Un. Certains experts ont aussi appelé à la prudence. "Il n'y a aucune confirmation à ce stade et il est trop tôt pour tirer des conclusions sur son état de santé", a estimé Ahn Chan-il, un transfuge du Nord devenu chercheur à Séoul. Il a relevé qu'une opération du coeur impliquait du matériel médical de pointe qui ne se trouve "que dans des établissements de Pyongyang". Il ne serait "pas raisonnable" de le transporter ailleurs pour l'opération.
Par LEXPRESS.fr avec AFP