Le Maroc libère plus de 5000 détenus pour éviter une contamination

Le roi Mohammed VI a gracié dimanche plus de 5000 détenus pour empêcher que le nouveau
coronavirus ne contamine les prisons marocaines, a annoncé le ministère de la Justice.

Le monarque a «accordé sa grâce à 5654 détenus et ordonné de prendre toutes les mesures nécessaires pour renforcer la protection des détenus dans les établissements pénitentiaires», a précisé le ministère dans un communiqué.
Les détenus graciés ont été sélectionnés selon «leur âge, leur état de santé, la durée de leur détention et leur bonne conduite», selon le texte.
Leur libération se fera «par étapes», compte tenu «des circonstances exceptionnelles associées à l'état d'urgence sanitaire et des précautions qui s'imposent».
Le Maroc, qui a recensé dimanche 960 cas de contamination avec 66 décès et 69 guérisons, a pris des mesures drastiques en fermant ses frontières et en déclarant l'état d'urgence sanitaire mi-mars pour limiter la propagation de la pandémie de la COVID-19.
Dans ce pays de 35 millions d'habitants connu pour ses prisons surpeuplés (un taux d'incarcération de 232 pour 100 000 habitants), des défenseurs des droits humains ont récemment appelé à libérer «les prisonniers politiques» ainsi que d'autres catégories de détenus prioritaires (en détention provisoire, vulnérables ou en fin de peine).
L'administration pénitentiaire a pour sa part pris des mesures de protection pour son personnel, renforcé les mesures sanitaires, réduit les droits de visite et suspendu toutes les activités supposant des intervenants extérieurs.
La Haut-commissaire aux droits de l'Homme de l'ONU Michelle Bachelet a appelé, le 25 mars, à la libération urgente de détenus à travers le monde pour éviter que la pandémie ne fasse des «ravages» dans ces lieux clos, souvent surpeuplés. Son appel a été suivi par plusieurs pays.
Par tvanouvelles.ca