« On ne se fait plus klaxonner » : avec le confinement, le regard sur les éboueurs a changé

 
Des masques de protection aux dessins d’enfants, un éboueur raconte comment l’épidémie de
Covid-19 change son quotidien.
Ils font partie de ces travailleurs de l’ombre que le confinement met en pleine lumière. Alors que la France se cloître depuis maintenant six semaines, les éboueurs continuent de remplir chaque jour leur mission d’enlèvement des déchets. Comme avant… ou presque. « Je vous avoue que ça fait un moment qu’on n’a pas été klaxonnés, témoigne Franck Lourme, éboueur dans le Nord. Ça change ! »
Dans la vie normale, les automobilistes impatients peuvent aller jusqu’à insulter le camion poubelle lorsqu’il bloque momentanément le passage, raconte Franck. Mais en pleine épidémie de Covid-19, le dévouement des ripeurs ne passe plus inaperçu.
« Le regard des gens a changé. […] Maintenant, on a des remerciements. Des applaudissements, aussi. Le plus beau, c’est les dessins que les enfants mettent sur les containers. »
Des œuvres que ses collègues et lui ont reçues en si grand nombre qu’ils en ont tapissé un mur entier du centre de collecte d’Esterra-Veolia à Roncq, explique Franck, tendant un échantillon de ces gentilles attentions devant la caméra.

L’amabilité des gens n’est pas la seule nouveauté apportée par le confinement, souligne Franck. Les camions de son entreprise travaillent désormais avec un seul releveur au lieu de deux, « pour limiter les contacts ». Et le masque est devenu obligatoire, entre autres mesures prises pour réduire le risque de contamination.
« On ne respire pas de la même façon. Comme on est toujours en activité, c’est assez compliqué. Mais on en a besoin. Donc on les met, on essaie de tenir le coup. »
Dans son allocution du 13 avril, Emmanuel Macron avait cité les éboueurs parmi ceux qui composent « la deuxième ligne » dans la « guerre » menée contre le coronavirus. Franck accueille cet hommage avec modestie. « On n’est pas comme les médecins, quand même. Eux, ils sont directement avec le virus. On n’a pas la même mission qu’eux, mais on essaie de faire au mieux pour que tout reste propre. » Un travail dont il est « fier ».