Alors que le virus s'immisce à la Maison-Blanche, Trump se déchaîne contre Obama

 
Alors que plusieurs cas de Covid-19 ont été identifiés ces derniers jours dans l'entourage
immédiat du président et du vice-président des Etats-Unis, Donald Trump a concentré son attention dimanche contre son prédécesseur, Barack Obama.
Donald Trump est outré. Le président des États-Unis a multiplié les attaques contre son prédécesseur, Barack Obama, dimanche, avec 17 tweets ou retweets citant son nom. En cause : les propos du démocrate, critiquant sans ambages le milliardaire pour sa gestion de la crise sanitaire -un «désastre chaotique absolu»- et pour les interventions de son administrations pour empêcher la justice de suivre son cours -«ce que nous connaissons de l'Etat de droit est en jeu».
Alors que les mauvais sondages électoraux inquiètent jusqu'à son équipe de campagne, Donald Trump n'a pas du tout apprécié que Barack Obama abandonne la réserve qu'adoptent d'ordinaire les anciens présidents. Il a repris à son compte un tweet se lamentant contre la perte de la «tradition de décence et de bienséance» dont se serait rendu coupable Obama, quand lui-même n'a eu de cesse de repousser les frontières de ce qui constitue une attitude «présidentielle». Puis, le républicain a défendu son bilan face au Covid-19 : «Nous obtenons de super notes pour notre gestion de la pandémie de coronavirus, en particulier avec L'INTERDICTION des gens venant de Chine, la source de l'infection, à l'entrée aux Etats-Unis. Comparez ça avec le désastre d'Obama et Joe l'endormi plus connu sous le nom de grippe porcine H1N1. Mauvaises notes, mauvais sondages... Ils n'avaient rien compris!», s'est emporté Trump, qui a également accusé l'ex-président d'avoir orchestré l'enquête ayant identifié les mensonges du général Michael Flynn, que l'administration Trump a décidé la semaine dernière de ne pas poursuivre.
Cette obsession anti-Obama se manifeste alors que la gestion de la pandémie par Donald Trump et son gouvernement est cruellement mise en doute par la survenue de plusieurs cas au cœur du pouvoir, jusqu'aux plus proches du président. La semaine dernière, il a été révélé qu'un majordome du président était contaminé. Plus récemment, c'est l'infection de Katie Miller, porte-parole du vice-président Mike Pence, qui a été annoncé. La jeune femme est en outre l'épouse de Stephen Miller, très proche conseiller de Donald Trump, qui signe notamment ses discours. Deux nouvelles qui ont inquiété et agacé le président, selon le «New York Times», notamment car le majordome servait à Donald Trump ses repas et ne portait pas de masque.

"Ça fait peur d'aller au travail"

Suite à l'apparition de ces cas de Covid-19 à la Maison-Blanche, trois scientifiques essentiels dans le dispositif de lutte contre la pandémie sont contraints à deux semaines de quarantaine, dont le docteur Anthony Fauci, devenu la personnalité centrale du combat contre le virus outre-Atlantique. «Ça fait peur d'aller au travail», s'est plaint le conseiller économique de la Maison-Blanche, Kevin Hassett, sur CBS. «Je serais bien plus en sécurité en restant à la maison qu'en me rendant dans l'Aile Ouest», où sont concentrés les conseillers les plus importants du président. «C'est un endroit petit et bondé, vous savez, c'est un peu risqué. Mais il faut le faire, parce qu'il faut servir son pays», a-t-il ajouté. Dimanche soir, note le «New York Times», la vice-présidence a fait savoir qu'en dépit du cas Katie Miller, Mike Pence n'avait nullement l'intention d'observer une quarantaine.
D'après le «Times», Donald Trump est de plus en plus irrité lorsque des gens s'approchent trop de lui. Toutefois, ni lui ni son vice-président ne se sont montrés disposés à porter un masque, y compris lors de rencontres avec plusieurs personnes. La semaine dernière, le président a visité une usine de fabrication de masques, sans en porter un lui même. Il y a été filmé alors qu'une sono diffusait à fort volume une reprise par les Guns N' Roses de la chanson «Live and let die», «vivre et laisser mourir».
Par Paris Match