Ces onze Africaines et Africains qui contribuent à contenir la pandémie sur leur continent

Que ce soit à l’OMS, au sein de l’UA ou à l’échelle nationale, ces personnalités tiennent, pour l’heure
avec succès, en joue le coronavirus.
L’Afrique est pour l’heure le continent qui résiste le mieux à la pandémie liée au coronavirus. Ce continent, qui n’en est pas à sa première épidémie, a choisi pour faire face au Covid-19 des femmes et des hommes qui connaissent les virus et ont fait leurs preuves en santé publique. Portraits de onze personnalités qui ont élaboré des stratégies pour limiter « l’hécatombe » tant redoutée.
  • Matshidiso Moeti, « Madame Afrique » de l’OMS

Matshidiso Moeti, à Genève, le 23 mai 2018.
Matshidiso Moeti, à Genève, le 23 mai 2018. Denis Balibouse / REUTERS
Elle n’hésite pas à mettre en garde un chef d’Etat. Lorsque le président malgache, Andry Rajoelina, promeut et exporte son prétendu remède préventif à base d’artemisia et d’autres plantes, Matshidiso Moeti intervient. La responsable de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) pour l’Afrique rappelle fermement que les vertus de cette tisane n’ont pas été scientifiquement démontrées et recommande au président Rajoelina de soumettre son produit à des « essais cliniques » pour « vérifier son efficacité ». Une manière diplomatique de condamner un prosélytisme présidentiel jugé dangereux.
En ces temps de crise sanitaire mondiale, cette médecin botswanaise est devenue le visage et la voix d’une riposte africaine rapide et drastique. S’efforçant de prendre en compte les particularités socio-économiques du continent et de composer avec des systèmes de santé trop souvent défaillants et négligés par les pouvoirs, elle prône la mise en place de « mécanismes préventifs pour éviter une destruction de ces dispositifs de santé ».

Fille de médecins, « Tshidi » a grandi dans un township de l’est de Johannesburg, durant l’apartheid, avant de partir avec sa famille au Botswana. Elle poursuit ses études de médecine au Royaume-Uni, à la London School of Hygiene & Tropical Medicine, et, après avoir officié de 1978 à 1994 au ministère botswanais de la santé, rejoint les Nations unies à travers l’Unicef, l’Onusida puis l’OMS, dont elle deviendra en 2015 la directrice Afrique.
A ce poste, la docteure Moeti a déjà fait face à plusieurs épidémies, comme la maladie à virus Ebola qui sévit toujours dans le nord-est de la République démocratique du Congo (RDC). Face au Covid-19, elle a préconisé des mesures strictes de confinement. Une récente étude de l’OMS prévoit entre 83 000 et 190 000 morts et 44 millions de personnes infectées en Afrique en l’absence de confinement. « Le Covid-19 pourrait faire partie de nos vies au cours des prochaines années, a déclaré Matshidiso Moeti. Nous devons tester, retracer, isoler et traiter. »
  • John Nkengasong, le virologue de l’UA

John Nkengasong, à Addis-Abeba, le 19 juillet 2019.
John Nkengasong, à Addis-Abeba, le 19 juillet 2019. MICHAEL TEWELDE / AFP
Il est le grand orchestrateur de la riposte continentale. John Nkengasong, 61 ans, enchaîne les réunions virtuelles avec les chefs d’Etat, les ministres de la santé, Matshidiso Moeti et les responsables des centres de contrôle et de prévention des maladies (CDC). Ce virologue camerounais bénéficie d’une expérience de vingt ans dans les CDC des Etats-Unis. Depuis novembre 2016, il dirige celui de l’Union africaine (UA), le CDC-Africa, nouvellement créé sur décision des présidents africains soucieux de se doter d’un outil continental au lendemain de l’épidémie d’Ebola qui a coûté la vie à plus de 11 000 personnes en Afrique de l’Ouest entre décembre 2013 et mars 2016.
Très tôt, le biologiste camerounais a compris l’ampleur de la crise liée au coronavirus. A peine huit jours après le premier cas officiellement signalé en Egypte, il a réuni les ministres de la santé d’Afrique pour les sensibiliser, les exhortant à « se préparer au pire ». Ce qui, à ce jour, n’est pas arrivé. Mais « il faut rester très prudent et ne surtout pas verser dans l’autosatisfaction », dit-il.
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Depuis Addis-Abeba, où se trouve le siège provisoire du CDC-Africa, John Nkengasong ne se contente pas de scruter les courbes épidémiques. Alors que seuls deux pays africains pouvaient tester la présence du coronavirus au début de la crise, ils sont désormais plus de 40. Le patron du CDC-Africa poursuit ses efforts pour que tous les pays du continent disposent de kits de dépistage. Lorsque le président tanzanien, John Magufuli, qui a nié les effets du Covid-19, se plaint de l’efficacité des tests reçus, le Camerounais ne plie pas. « Nous savons que les tests utilisés en Tanzanie fonctionnent très bien », a-t-il publiquement déclaré.
Il s’est lui-même chargé de coordonner l’acheminement à chaque pays membre de l’UA d’équipements tels que des masques, des gants et, plus récemment, des kits de dépistage de la fondation du milliardaire chinois Jack Ma. « Un soutien crucial », souligne celui qui doit composer dans l’urgence avec des Etats pauvrement équipés sur le plan médical et des partenaires occidentaux peu enclins à partager ou à donner du matériel et des équipements. Le docteur Nkengasong se considère en « guerre » contre le coronavirus d’abord, mais aussi pour que l’Afrique ne soit pas négligée et qu’elle se dote enfin de capacités sanitaires, de recherche et de production de médicaments et de vaccins.
  • Les « Fab Four » de l’économie africaine

De gauche à droite et de haut en bas : Ngozi Okonjo-Iweala, Trevor Manuel, Donald Kaberuka et Tidjane Thiam.
De gauche à droite et de haut en bas : Ngozi Okonjo-Iweala, Trevor Manuel, Donald Kaberuka et Tidjane Thiam. AFP / Reuters
Depuis un peu plus d’un mois, quatre personnalités de haut niveau désignées par le président de l’Afrique du Sud et de l’Union africaine (UA), Cyril Ramaphosa, s’activent pour contrer les effets économiques de la crise sanitaire. Ce quatuor se compose de la Nigériane Ngozi Okonjo-Iweala, ancienne ministre des finances passée notamment par la Banque mondiale, de son homologue sud-africain Trevor Manuel, du Rwandais Donald Kaberuka, ex-président de la Banque africaine de développement (BAD), et de l’Ivoirien Tidjane Thiam, ancien directeur général du groupe Crédit suisse.
Une équipe haut de gamme. Ces envoyés spéciaux de l’UA, dotés de réseaux politiques, d’affaires et financiers internationaux, ont la lourde tâche de « mobiliser le soutien » indispensable pour permettre au continent de « relever les défis économiques » provoqués par le Covid-19. « La manière dont je définirais notre mandat, c’est de s’assurer que face à cette crise, des mesures soient prises de sorte qu’il n’y ait pas de dommages économiques permanents en Afrique et qu’elle puisse continuer à croître », a expliqué Tidjane Thiam sur TV5 Monde.

L’UA comme les institutions de Bretton Woods prévoient une récession imminente et redoutée, après une croissance de 3,1 % en 2019. La première en vingt-cinq ans. Les pays pétroliers, dépendants des fluctuations des cours qui ont dégringolé, sont les principaux touchés par la crise sanitaire mondiale. D’autres peinent à se remettre des semaines de confinement qui ont paralysé les économies. Et la question de l’annulation de la dette – 50 milliards de dollars arrivant à échéance cette année – reste en suspens.
« Aujourd’hui plus que jamais, les pays riches doivent soutenir le monde en développement, a écrit Ngozi Okonjo-Iweala dans une tribune publiée fin avril. C’est le moment où nous pouvons et devons concevoir un nouveau contrat social et faire preuve de solidarité avec les communautés les plus vulnérables. »
  • Mireille Dosso, la « première » en Côte d’Ivoire

Elle n’en est pas à son premier combat. « La Côte d’Ivoire a malheureusement une grande tradition en matière d’épidémies et de pandémies », explique la professeure Mireille Dosso. Cette scientifique de 68 ans est en première ligne dans la lutte contre le Covid-19. Depuis 2004, elle est à la tête de l’Institut Pasteur de Côte d’Ivoire, créé en 1972 par le président d’alors, Félix Houphouët-Boigny, précisément pour lutter contre les grandes épidémies et notamment celle de la fièvre jaune qui sévissait à ce moment-là dans le pays.
Aujourd’hui, Mireille Dosso fait partie du conseil scientifique chargé du suivi de la « riposte sanitaire » et conseille le gouvernement. Seule femme de cette « task force », elle s’occupe du volet « laboratoire », qu’elle a d’ailleurs mis en branle « dès le 25 janvier, quand on a vu ce qui se passait en Chine », dit-elle. Chaque jour, ses équipes analysent plus de 500 échantillons. Première femme ivoirienne microbiologiste, première virologue du pays, première femme à diriger l’Institut Pasteur de Côte d’Ivoire, elle cumule les titres de « première femme » à avoir obtenu des postes jusque-là tenus par des hommes – mais elle n’aime pas qu’on le lui rappelle.

Mireille Dosso préfère parler de ses combats menés contre les épidémies : grippe aviaire, H1N1, Ebola et tout dernièrement, en 2019, « grippe tropicale » – l’autre nom de la dengue. De par son expérience, elle s’interdit tout emballement sur les chiffres de contamination, « certes meilleurs que prévus » en Côte d’Ivoire et en Afrique. « Nous nous sommes mobilisés précocement, ce qui explique en partie l’allure moins vive qu’attendue de la pandémie », dit-elle. Avant de mettre en garde : « Il faut rester prudent et vigilant, le monde microbien est complexe et souvent cruel. »
  • Zweli Mkhize, « Doctor South Africa »

Zweli Mkhize, à Polokwane, le 12 mars 2020.
Zweli Mkhize, à Polokwane, le 12 mars 2020. GUILLEM SARTORIO / AFP
La voix calme et posée, cette figure respectée du gouvernement sud-africain est le spécialiste santé au sein du « conseil de commandement national » réuni par le chef de l’Etat, Cyril Ramaphosa, pour organiser la lutte contre le Covid-19. Mais Zweli Mkhize, 64 ans, est plus que ça. Ministre de la santé, il est celui qui a réussi à convaincre l’Afrique du Sud de reprendre confiance en ses dirigeants. On ne sait si cela durera, mais en l’état actuel des choses, sa réponse informée et franche face à la perspective de ce qu’il a appelé, très tôt, la « tempête destructrice » du coronavirus emporte l’adhésion du pays, soumis à un confinement très exigeant.
Natif du KwaZulu-Natal, ce médecin de formation a exercé en exil pendant la lutte contre l’apartheid, avant de revenir en Afrique du Sud en 1991. Sur le plan politique, il monte très vite dans la hiérarchie locale du Congrès national africain (ANC) et sera chargé du portefeuille de la santé pendant dix ans (1994-2004) dans le gouvernement de sa région, la plus touchée par une autre pandémie, celle du sida, à une époque où le pouvoir central, sous l’impulsion du président Thabo Mbeki (1999-2008), conteste l’origine de la maladie et la validité médicale des traitements antirétroviraux. Zweli Mkhize s’est opposé en douceur à cette tendance, faisant valoir des arguments scientifiques.

Plus tard, il soutiendra Jacob Zuma, le tombeur de Thabo Mbeki, et jouera lorsque ce dernier arrivera au pouvoir, en 2008, un rôle clé dans la stratégie du pays contre le sida. De nombreuses vies seront sauvées. Lorsque Jacob Zuma s’égarera à son tour, cette fois dans les excès de la corruption et de la « capture d’Etat », au point de destituer le ministre des finances pour le remplacer par un homme de paille, Zweli Mkhize prendra ses distances.
Il demeure un homme d’influence dans le KwaZulu-Natal et reste très populaire au sein du conseil national exécutif de l’ANC, dont il a été le trésorier général, celui qui connaît tous les secrets… Il y a donc des raisons de croire que l’ex-médecin pragmatique, qui n’a pas hésité à user de son franc-parler au tout début de l’apparition du coronavirus en Afrique du Sud et a contribué à ce que le pays s’appuie sur des avis scientifiques pour organiser sa réponse, soit en mesure de se forger un destin dans l’après-Covid-19. Il a déjà été, en 2017, candidat pour diriger l’ANC, avant de s’aligner derrière Cyril Ramaphosa.
  • Edmund Yakani, la vigie de Juba

Lui n’est pas expert en maladies infectieuses, ni même médecin ou infirmier. Pourtant, le défenseur des droits civils Edmund Yakani, 41 ans, juriste de formation et lauréat du prix Civil Rights Defender of the Year en 2017, joue un rôle de premier plan dans la lutte contre le Covid-19 au Soudan du Sud. A la tête de la Community Empowerment for Progress Organisation (CEPO), qu’il a fondée en 2000, ce militant s’est rapidement mobilisé sur plusieurs fronts. D’abord, « diffuser des informations sur le virus auprès du public », explique-t-il ; ensuite, « demander des comptes au gouvernement sur la manière dont il répond au Covid-19 ».
Fort de son expérience et des liens tissés au fil des ans avec les sphères du pouvoir, la communauté diplomatique et les journalistes, Edmund Yakani a entrepris avec la CEPO un travail de lobbying et de contrôle des politiques publiques. Il a obtenu la publication de mises à jour quotidiennes de la part du groupe de travail gouvernemental, mais aussi la condamnation par le chef de l’Etat, Salva Kiir, des attaques xénophobes proférées contre les Nations unies, au sein desquelles le premier cas a été déclaré début avril.

La CEPO a aussi suggéré certaines mesures préventives qui ont été adoptées, comme la division de Juba en cinq « zones de détection » et la suspension des transports de passagers de la capitale vers le reste du pays. « Sur le Covid-19, nous avons eu une grande influence », se réjouit Edmund Yakani. Mais alors que son organisation se penche désormais sur l’usage des fonds publics octroyés à la riposte, il craint un « durcissement » du pouvoir à son égard.
En dehors de Juba, « il n’y a aucune capacité de diagnostic et les travailleurs de la santé ne sont pas qualifiés », constate-t-il. Il réclame l’approvisionnement de matériel de protection sur tout le territoire, où les déplacements et les vols internationaux sont de nouveau autorisés malgré l’augmentation quotidienne du nombre de cas.
  • Aliko Dangote, le philanthrope nigérian

Aliko Dangote, à Lagos, le 13 juin 2012.
Aliko Dangote, à Lagos, le 13 juin 2012. Akintunde Akinleye / REUTERS
Depuis deux mois, l’homme le plus riche d’Afrique est à la manœuvre. Aliko Dangote rêve d’une mobilisation d’ampleur du secteur privé nigérian dans la lutte contre le Covid-19. Aux quatre coins du pays, une dizaine de centres d’isolement pour les malades du coronavirus ont vu le jour en quelques semaines dans les grandes villes (Kano, Lagos, Abuja, Maiduguri, Port Harcourt…). Près de 400 000 kits de dépistages et plus de 2 000 lits d’hôpitaux ont été financés jusqu’à présent.
A 63 ans, le magnat du ciment et de l’agroalimentaire s’est allié à un conglomérat de banques et de tycoons. L’industriel Abdul Samad Rabiu, l’ancien pétrolier Femi Otedola, les banquiers Tony Elumelu et Jim Ovia… Tous ont répondu à l’appel, avec un don initial de 2,6 millions de dollars chacun (environ 2,4 millions d’euros). Aliko Dangote a pour sa part alloué 5,1 millions de dollars, notamment à travers sa fondation caritative. Depuis le 26 mars, date de lancement de sa « Coalition contre le Covid-19 » (Cacovid), 66,4 millions de dollars ont ainsi été récoltés auprès d’une centaine de donateurs. Un chiffre encore loin des 307 millions de dollars espérés pour parvenir à financer toutes les actions de cette « task force » philanthropique.

La Banque centrale du Nigeria coordonne la répartition des fonds de la coalition, laquelle espère, en osmose avec les autorités, ralentir la propagation du virus, qui s’accélère dans ce pays de plus de 200 millions d’habitants, le plus peuplé du continent. Sur les dix derniers jours, les cas recensés ont doublé, atteignant 4 787 personnes contaminées et 158 décès. Mais dans un pays où près de 45 % de la population vit déjà avec moins de 2 dollars par jour, le ralentissement de l’activité économique pourrait représenter une plus grande menace pour les Nigérians les plus démunis. Face à ce constat, la coalition a déjà prévu de distribuer de la nourriture, courant mai, à environ 1,7 million de foyers.
  • Salim Abdool Karim, du sida au coronavirus

Salim Abdool Karim, à Durban, le 19 juillet 2016.
Salim Abdool Karim, à Durban, le 19 juillet 2016. RAJESH JANTILAL / AFP
Dans le monde des virologues, il est une sommité. « Slim », comme il est appelé en Afrique du Sud, est non seulement un des spécialistes du sida qui comptent à travers la planète. Il est aussi, désormais, à la tête d’une « dream team » multidisciplinaire d’une quarantaine de chercheurs chargée de concevoir la réponse scientifique au coronavirus, afin d’irriguer le gouvernement sud-africain d’informations fiables.
Ses compatriotes connaissaient le courage de Salim Abdool Karim. Ils ignoraient, en revanche, à quel point il jouit d’une réputation mondiale. Lors de la remise du prestigieux prix de l’Institut de virologie humaine, à Baltimore, en 2017, pour « l’accomplissement de toute une existence », il avait reçu une magnifique standing-ovation, en même temps que son épouse, Quarraisha, elle aussi épidémiologiste, avec laquelle il a fondé le Centre pour le programme de recherche sur le sida en Afrique du Sud (Caprisa).
Salim Abdool Karim, 59 ans, exerce des responsabilités à l’OMS, à l’Onusida, à l’université Columbia… Interrogé récemment lors d’un webinaire sur le site News24, il décrivait très simplement son emploi du temps : d’abord, une journée de travail, puis un dîner rapide et… une seconde journée de travail, jusqu’à 2 heures du matin. Tous les jours. Il résumait aussi la passion qui l’anime, partagée avec son épouse : « J’ai passé toute ma vie à étudier les virus. »
Il a été l’architecte du confinement en Afrique du Sud, mis en place le 27 mars afin d’éviter que les hôpitaux soient submergés. Il pense à présent, après un mois et demi de limitations sévères, desserrer l’étau pour permettre au pays de vivre de longs mois avec la pandémie. Une phase plus délicate et incertaine, mais l’Afrique du Sud peut compter sur « Slim » pour mener ce nouveau combat.
Par , , , Joan Tilouine et Mariama Darame
Le Monde.fr