[Chronique] L’Afrique du débat d’idées (enfin) de retour

Romuald Wadagni, ministre béninois des Finances, et son homologue sénégalais Amadou Ba.
La crise actuelle donne l’occasion au continent, dont la gestion de la pandémie de Covid-19 n’a pas
manqué d’être remarquée, d’insuffler de nouvelles dynamiques et de se projeter vers l’avenir avec confiance et combativité.
Pourvu qu’elles échappent à l’extrême agressivité du débat sur le franc CFA, les lignes de fracture créées ou exacerbées par la crise sanitaire et économique liée au Covid-19 pourraient donner un nouveau souffle au débat d’idées sur le continent.
Les propos embarrassés devant la dépendance croissante des économies africaines aux capitaux chinois cèdent le pas à une discussion plus franche sur les arbitrages à réaliser. Le choix d’Ethiopian Airlines de maintenir la desserte de la Chine a fait voler en éclats le consensus mou qui existait en Afrique de l’Est, Nairobi prenant la tête de la fronde contre son allié et concurrent régional.

Approfondissement des marchés

Toujours vis-à-vis de Pékin, l’enthousiasme peut-être excessif au sujet des « 85 millions d’emplois » que l’empire du Milieu ne manquerait pas de délocaliser, à terme, vers l’Afrique a vécu. Place désormais à une réflexion plus ardue sur le développement des chaînes de valeurs locales et l’approfondissement des marchés africains.
La relation entre les entrepreneurs et l’État est en train de changer
Jeune Afrique