Coronavirus : les Italiens repartent pour trois semaines de confinement

Le Premier ministre Giuseppe Conte a annoncé ce vendredi soir sa décision de prolonger le confinement jusqu’au 3 mai.

C'était le 10 mars dernier. L'Italie devenait le premier pays européen à avoir imposé le confinement à toute sa population pour endiguer la pandémie de coronavirus. Un mois plus tard, le pays est loin de la sortie : Rome a annoncé vendredi et comme attendu sa prolongation jusqu'au 3 mai, malgré l'inquiétude du patronat pour l'économie.
C'est « une décision difficile mais nécessaire dont j'assume toute la responsabilité politique », a déclaré le Premier ministre Giuseppe Conte lors d'une allocution solennelle.

Les médecins approuvent, les milieux d'affaires tirent la langue

À l'entrée d'un week-end pascal qu'ils vivront dans le huis clos de leur domicile, les 60 millions d'Italiens ont écouté le chef du gouvernement leur annoncer la poursuite des mesures imposées depuis un mois : interdictions de rassemblements, atteintes drastiques à leur liberté de circuler, quasi-mise à l'arrêt de leur économie.

Depuis plusieurs jours, Giuseppe Conte est soumis à une double pression contradictoire. Médecins et scientifiques l'appellent à ne pas faire repartir le pays trop tôt, au risque de relancer la pandémie alors qu'elle ralentit depuis une dizaine de jours dans le pays qui reste le plus endeuillé au monde (19 000 morts), selon les bilans officiels.
A contrario, les milieux d'affaires mettent en garde contre les dommages terribles que risque la troisième économie européenne. Ce dilemme est particulièrement fort pour le Nord, le plus touché par le Covid-19, avec 80 % des décès, mais qui est aussi le poumon économique de l'Italie (45 % du PIB).

Une réouverture des écoles en septembre ?

Si Lombardie, Emilie-Romagne, Vénétie et Piémont « ne repartent pas à court terme, le pays risque d'éteindre définitivement son moteur », ont prévenu cette semaine des responsables du patronat (Confindustria) dans ces régions. Ils ont exigé « une feuille de route pour une réouverture ordonnée et en toute sécurité du cœur économique du pays ».
Celle dessinée vendredi par Giuseppe Conte risque de ne pas leur convenir. « Je sais que nous sommes tous impatients de repartir » et « j'espère qu'on pourra le faire après le 3 mai avec prudence et de façon graduelle », a déclaré le responsable, qui n'a pas détaillé cette hypothétique reprise.
Il n'a par exemple pas évoqué la réouverture des écoles qui, selon les médias, ne serait pas envisagée avant septembre. Quelques rares secteurs - les librairies, les papeteries, les commerces pour les nouveau-nés et l'exploitation forestière - pourront toutefois reprendre mardi.

L'ampleur de la crise reste à déterminer

« Nous ne pouvons nous permettre une reprise de la contagion » et « si on abandonne maintenant, on risque […] de devoir repartir de zéro », a-t-il prévenu.