Coronavirus: l'industrie française à la peine

Un ouvrier sur une chaîne de montage de Maubeuge dans le nord de la France, le 8 novembre 2018
D'ici deux semaines, le gouvernement français présentera un plan de soutien au secteur automobile
touché de plein fouet par la crise liée au coronavirus. Un autre plan pour venir en aide au secteur aéronautique sera annoncé avant le 1er juillet. En attendant, l'industrie est à la peine.
L'industrie lourde a davantage chuté en France que chez ses voisins, selon une étude menée par Kayrros-EY Consulting pourLes Échos, grâce à des images satellite. Ont été analysées les secteurs du ciment, de l'acier, de l'électricité et du pétrole. Et parmi les cinq pays européens étudiés, la France est loin d'arriver en tête, précise Patrick Pudduy, associé chez Kayrros-EY Consulting. « L’Europe en moyenne, c’est 77. La France est à 67. Seule l’Italie se tient. »

Patrick Pudduy avance une explication à ce retard : « Il y a certaines choses qui ont été mises en place qui peuvent être très bien, tout ce qui est amortisseur, le chômage partiel, etc. Mais il y a objectivement des patrons, des leaders qui sont frileux, et qui ne redémarrent pas la chaîne suffisamment vite, analyse-t-il. Sous couvert de protection ou autre, la France se complaît dans une attitude molle. »
Entreprises zombies
Et il n'est pas certain que le retard soit rattrapable. « Quand il y a des ruptures, c’est là qu’on gagne, qu’on perd des parts de marchés. Tout ce qu’on perd est perdu, affirme-t-il. Il ne faut pas se leurrer. »
Denis Ferrand, directeur général de Rexecode, souligne que l'industrie a repris graduellement même avant le déconfinement et que la période actuelle doit être abordée avec précaution par les entreprises. « C’est souvent au redémarrage de l’activité que les entreprises se trouvent être dans des situations de plus grande fragilité, souligne-t-il. Vous pouvez avoir des entreprises qui, parce qu’elles sont exsangues, vont avoir du mal à faire le sprint. »
Denis Ferrand rappelle que 5% des entreprises sont considérées comme des entreprises zombies, les plus à risques.
Par RFI