Face à Twitter, Facebook se présente comme le défenseur de la liberté d'expression... et des fake news

Mark Zuckerberg ©Frederic Legrand - COMEO / Shutterstock.com
Mark Zuckerberg a expliqué sur Fox News que son réseau social ne se posait pas « en arbitre de
la vérité » et défend l'idée de neutralité des plateformes vis-à-vis des opinions des personnalités politiques.
Donald Trump a trouvé un allié inattendu dans sa bataille contre Twitter en la personne de Mark Zuckerberg.

Facebook entend garantir la pluralité des opinions

Le président des États-Unis vient de signer un décret qui pourrait à l'avenir lever l'immunité des plateformes d'hébergement de contenus, comme Twitter et Facebook, et les rendre responsables des messages postés et de leurs actions de modération.
Donald Trump, visiblement vexé, a fait passer ce texte de loi suite à l'ajout d'un message d'information par Twitter sur deux de ses tweets et renvoyant à une plateforme de fact-checking.
Interrogé à ce sujet sur la chaîne républicaine et pro-Trump Fox News, le fondateur de Facebook, sans approuver la démarche du président américain, a expliqué que son entreprise avait « une politique différente de celle de Twitter à ce sujet ».
« Je crois fermement que Facebook ne devrait pas être l'arbitre de la vérité de tout ce que les gens disent en ligne. Les entreprises privées ne devraient probablement pas le faire, les plateformes, en particulier, ne devraient pas être en mesure de le faire », ajoute Mark Zuckerberg.

Zuckerberg ne s'engage pas dans le débat en prévision des élections présidentielles 2020

Ce n'est pas la première fois que le fondateur du plus grand réseau social au monde plaide pour un respect total de la liberté d'expression, même à propos des messages les plus mensongers et fantaisistes.
Il y a quelques mois, Facebook avait annoncé que ses règles de modération ne s'appliqueraient pas aux personnalités politiques, qui pourraient publier ce qu'elles souhaitent sans vérification des informations par les équipes de fact-checking. 
Une manière pour la plateforme de ménager les sensibilités en vue des élections présidentielles 2020, qui verront les équipes de campagne dépenser des millions de dollars en publicité sur le réseau social.
Le fondateur de Twitter Jack Dorsey a immédiatement répondu à Mark Zuckerberg, sans jamais le citer, en indiquant que sa plateforme ne se considère pas non plus comme un « arbitre de la vérité » mais continuera à « mettre en évidence les déclarations contradictoires et de montrer les informations litigieuses afin que les gens puissent juger par eux-mêmes ».