Royal Air Maroc perd 5 millions d’euros par jour et envisage un prêt soutenu par l’Etat pour les salaires de juin

Royal Air Maroc traverse « la pire crise » de son histoire, selon son président-directeur général,
Abdelhamid Addou (photo). Dans une lettre adressée à l’ensemble du personnel cette semaine, il a fait part de l’évolution de l’entreprise pendant cette pandémie de Covid-19. A l’en croire, les pertes en chiffre d’affaires du transporteur s’élèvent à 50 millions de dirhams (5 millions de dollars) par jour.  
« Pour notre compagnie, la fermeture a concerné très rapidement l’ensemble du réseau. L’impact sur le trafic a été violent avec une baisse respective de 60% en mars et 100% en avril, par rapport à l’année dernière », explique Addou. Royal Air Maroc affichait pourtant « une forte croissance à deux chiffres, entre novembre et février ».
Si jusqu’ici, le porte-étendard marocain a pu respecter ses engagements sur mars, avril et mai, rien n’est certain pour juin, qui va nécessiter un apport important en termes de cash-flow. « A l’instar de beaucoup de compagnies aériennes, nous pourrons lever de la dette garantie par l’Etat, pour faire face aux engagements du mois de juin. »
Pour Abdelhamid Addou, l’impact de cette crise sera « longue et douloureuse ». Pour retrouver un rythme normal, il estime que son entreprise aura besoin d’une reprise étalée sur une période minimale de 36 mois. « Cette reprise nécessitera un plan clair, basé sur les prévisions publiées par l'IATA ainsi que les cabinets de conseils mondiaux. »
« Nous travaillons étroitement avec plusieurs membres du gouvernement, afin de préparer une ébauche de plan de reprise à même de garantir la pérennité de notre entreprise à long terme », a-t-il déclaré. « Nous chercherons à préserver au maximum l’emploi tout en garantissant la pérennité financière de la compagnie. »
Dans ce contexte difficile, il a appelé chaque employé « à faire preuve de discernement et d’abnégation pour privilégier l’intérêt commun et la préservation des emplois, aux considérations court-termistes ».
Romuald Ngueyap
Par Agence Ecofin