Tout ce que l’on sait et ce que l’on ne sait pas sur le coronavirus

Depuis l’apparition du SARS-CoV-2, en décembre dernier dans la ville chinoise de Whuan, la
communauté scientifique a multiplié les découvertes sur le Covid-19, mais des zones d'ombre subsistent.

Ce que l’on sait

La famille du virus

Le SARS-CoV-2 est un agent infectieux qui appartient à la famille des coronavirus. Ces virus, qui possèdent de petites protubérances tout le long de leur enveloppe, leur donnant un aspect de couronne («corona» en latin), peuvent provoquer des maladies chez l’animal et l’homme allant d’un simple rhume (certains virus saisonniers sont des coronavirus), à des pathologies plus graves comme les détresses respiratoires du Mers, du Srars ou du Covid-19.

On sait en effet que le SARS-CoV-2 appartient au même groupe que le syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS) qui a entraîné la mort de près de 800 personnes entre 2002 et 2003, et le syndrome respiratoire du Moyen-Orient (Mers), détecté en 2012 dans plusieurs pays de cette région, et responsable de plus de 500 décès.

Le matériel génétique du virus

Le 9 janvier 2020, les autorités sanitaires chinoises et l’Organisation mondiale de la santé (OMS), ont annoncé la découverte d’un nouveau coronavirus, appelé dans un premier temps «2019-nCoV». Dès le week-end du 11-12 janvier, les autorités chinoises ont partagé la séquence complète du génome (ensemble du matériel génétique) du coronavirus, qu’ils ont détecté dans des échantillons prélevés sur leurs premiers patients.
«La séquence du génome des pathogènes est cruciale pour développer des tests de diagnostic spécifiques et identifier les options d’intervention potentielles», a expliqué Sylvie van der Werf, responsable du Centre national de référence (CNR) virus des infections respiratoires à l’Institut Pasteur.
Dans le détail, il s’agit d’une molécule d’ARN d’environ 30.000 bases contenant 15 gènes, dont le gène S qui code pour une protéine située à la surface de l’enveloppe virale. A titre de comparaison, notre génome est sous forme d’une double hélice d’ADN d’une taille d’environ 3 milliards de bases et il contient près de 30.000 gènes.

Les modes de transmission

On sait que la maladie se transmet essentiellement par l’intermédiaire de gouttelettes de salive, des sécrétions invisibles, expulsées par le malade, par exemple quand il tousse ou éternue, ou même lors d’une simple discussion.
On sait aussi que le nouveau coronavirus est très contagieux, chaque personne infectée va contaminer au moins 3 personnes en l'absence de mesures de protection. C'est pourquoi les autorités sanitaires conseillent de maintenir une distance de sécurité d'au moins un mètre avec autrui pour éviter les contacts rapprochés.
Un des autres vecteurs privilégiés de la transmission du virus est le contact direct physique - poignée de main, accolade, bise... - entre une personne porteuse et une personne saine. D’où l’importance de respecter les gestes barrières, (se laver les mains régulièrement, tousser ou éternuer dans son coude,…), de maintenir une distance de sécurité d'au moins un mètre avec autrui, et éviter de se toucher le visage, le nez, les yeux et la bouche étant des portes d’entrée pour les virus.
La maladie peut également se transmettre par contact indirect, via des objets ou surfaces contaminées. Selon une étude allemande publiée dans le Journal of Hospital Infection, le virus peut persister sur des surfaces inanimées en métal, en plastique ou en verre, et rester infectieux entre 3 et 5 jours en moyenne. Mais les basses températures et l’humidité de l'air peuvent prolonger sa durée de vie jusqu’à neuf jours.

Les symptômes

Les symptômes principaux sont la fièvre ou la sensation de fièvre (frissons, chaud-froid) et la toux sèche, à laquelle s'ajoutent parfois mal de gorge et nez qui coule. La maladie peut également entraîner des maux de tête, des courbatures, et une grosse fatigue. Chez certains malades, une diarrhée, mais aussi une perte brutale de l’odorat (sans obstruction nasale) et une disparition totale du goût, sont également observées.
Le virus SARS CoV-2 est attiré par les nerfs : quand il pénètre dans le nez, au lieu de s'attaquer à la muqueuse comme le font les rhinovirus habituels, «il attaque le nerf olfactif et bloque les molécules d'odeur», a expliqué à l’AFP  le Dr Alain Corré, ORL à l'Hôpital-Fondation Rothschild à Paris. Les patients atteints du Covid-19 développant des formes sévères peuvent également souffrir de graves difficultés respiratoires, pouvant mener jusqu’à une hospitalisation en réanimation.
Des dermatologues ont récemment alerté sur de nouveaux symptômes cutanés. Plus précisément, il s'agit d'acrosyndrôme, soit un ensemble de modifications ou d'atteintes de la peau liées à une réaction des vaisseaux des doigts et/ou des orteils, à l'aspect d'engelures, de rougeurs persistantes parfois douloureuses et de lésions d'urticaire passagère.
Enfin, on sait que certains patients peuvent être asymptomatiques. Les patients dits «asymptomatiques», ou «porteurs sains», sont des personnes porteuses du virus, et donc qui peuvent contaminer d’autres personnes, mais qui ne présentent pas de signes de la maladie. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a toutefois précisé que le risque de contracter le virus au contact d’une personne non symptomatique «est très faible».

Les personnes vulnérables

Comme l’a souligné l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), les personnes âgées de 60 ans et plus sont plus susceptibles de développer une forme grave d’infection à SARS-CoV-2.
Selon la liste dressée par le Haut Conseil de la santé publique (HCSP), les personnes les plus vulnérables face au nouveau coronavirus sont également les patients présentant des pathologies pré-existantes : hypertension artérielle, insuffisance cardiaque, rénale, et autres antécédents cardiovasculaires.
Parmi les personnes à risque de développer une forme grave, on retrouve également les femmes enceintes à partir du troisième trimestre de la grossesse, les malades atteints de cirrhose, de cancer sous traitement, les personnes souffrant de surpoids et d'obésité, ou encore les diabétiques.
Au Royaume-Uni, un tiers des décès liés au virus concerne des individus souffrant de diabète, a rapporté le National Health Service, le service de santé national britannique. L'étude du NHS souligne que les personnes souffrant de diabète de type-1, qui concerne les personnes ne produisant par d'insuline en raison d'une réaction auto-immune, sont plus à risque.

Le délai d’incubation de la maladie

Le délai d'incubation, c'est-à-dire la période entre la contamination et l’apparition des premiers symptômes, est en moyenne de 5 jours. Mais ce délai peut s’étendre jusqu’à 14 jours. Cela signifie qu'une personne infectée peut transmettre la maladie jusqu'à deux semaines avant l’apparition des symptômes.

ce que l'On ne sait pas

L’animal réservoir

«Toutes les preuves disponibles suggèrent que le virus a une origine animale», a déclaré au cours d’un point presse une porte-parole de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS).
En revanche, l’animal à l’origine de la transmission à l’homme n'a pas encore été identifié avec certitude. Des scientifiques chinois ont soupçonné le pangolin, petit mammifère à écailles menacé d'extinction, comme «un possible hôte intermédiaire» ayant facilité la transmission du virus. Cette hypothèse est plausible, mais elle n’est pas vérifiée.
Dans le cas du SRAS, le réservoir animal du coronavirus a été identifié comme étant une chauve-souris insectivore. L’hôte intermédiaire qui a permis le passage du virus à l’homme était la civette palmiste masquée, un animal sauvage vendu sur les marchés et consommé au sud de la Chine.

Les conséquences du virus sur les enfants

De nouvelles publications suggèrent que les enfants, au départ présentés comme des vecteurs importants du coronavirus, seraient finalement peu contaminés et peu contaminants.
Une étude publiée dans la revue de la société des infectiologues américains (Clinical Infectious Diseases) sur le «cluster» des Contamines-Montjoie a en effet montré qu'un enfant qui avait été en contact 172 personnes n'en avait contaminé aucune.
«Il est possible que les enfants, parce qu'ils ne présentent pas beaucoup de symptômes et qu'ils ont une charge virale faible, transmettent peu ce nouveau coronavirus», a expliqué à l'AFP Kostas Danis, épidémiologiste à Santé Publique France, et auteur principal de l’étude.
Pour autant, les conséquences du virus sur les plus jeunes demeure une épineuse question.

L’immunité contre la maladie

Est-il possible de tomber malade une deuxième fois après avoir été guéri du Covid-19 ? Cette question reste également en suspens. Après avoir été contaminées par un virus, les personnes développent des anticorps qui les protègent durant un certain temps contre une nouvelle infection.
Les personnes atteintes du SRAS possédaient toujours des anticorps deux à trois ans plus tard. Ce qui empêchait qu'elles l'attrapent à nouveau. Mais à ce stade de la pandémie, impossible de savoir ce qu’il est en est avec le Covid-19. Après l’infection au coronavirus, on ignore «si ces anticorps sont efficaces et pour combien de temps», confirme le site du Gouvernement.

La durée de contagiosité

D’après une étude parue dans la revue scientifique médicale «The Lancet», la guérison n'empêche pas toujours la contagion. Certains malades pourraient rester contagieux même après leur guérison clinique.
La durée la plus courte observée de l'excrétion virale chez les personnes guéries était de 8 jours. Mais pour un tiers des patients, cette durée de contagiosité pouvait même aller jusqu'à 4 semaines après les premiers symptômes. Les scientifiques sont toutefois restés prudents quant à leurs résultats en expliquant que leur étude présente certaines limites.
Une étude chinoise publiée dans Nature Medicine et menée auprès de 94 patients, montre de son côté qu’un malade pourrait être infectieux trois jours avant l'apparition des premiers signes cliniques. Mais ces données restent là encore incertaines.

L’influence de la météo et du climat sur le virus

Si la chaleur ralentie en effet la propagation des virus respiratoires de type grippe saisonnière, à ce jour, on ignore si la hausse des températures avec l’arrivée de l’été aura une incidence sur le Covid-19.
Certains chercheurs estiment que la circulation du virus sera freinée, mais aucun ne peut l’affirmer. D’autant que le virus s’est également développé dans des pays où le climat est chaud, a souligné l'Organisation mondiale de la Santé (OMS).
D'autres scientifiques disent que le réchauffement du climat cet été ne stoppera pas la pandémie de coronavirus. Selon les chercheurs de l'université américaine de Princeton, en l'absence de mesures de contrôle ou de vaccin, le coronavirus va contaminer progressivement une grande partie de la population. C'est seulement après qu'il pourrait devenir saisonnier, comme ses cousins.
En revanche, on sait avec certitude que la forte chaleur tue le virus lors du lavage du linge en machine. Afin de décontaminer efficacement ses affaires, masques y compris, il est recommandé de choisir un programme d’au moins 30 minutes à 60 degrés.

la disparité entre hommes et femmes

 Le taux de mortalité du Covid-19 est plus important chez les hommes que les femmes. Selon les chiffres de Santé publique France du 2 mai, 9.177 hommes sont morts à l'hôpital contre 6.642 femmes.
«L’observation croissante d’une mortalité accrue chez les hommes se vérifie également à travers la Chine, l’Italie et l’Espagne», a déclaré auprès du Guardian Sabra Klein, professeure à la Johns Hopkins Bloomberg School of Public Health.
Cette donnée s’est également confirmée en Allemagne, en Iran, ou encore en Corée du Sud. Mais pour le moment, aucune raison scientifique n'est avancée pour expliquer cette disparité.

le Traitement pour soigner la maladie

A l’heure actuelle, il n’existe aucun vaccin contre le coronavirus Covid-19. De nombreux laboratoires travaillent sur l’élaboration de vaccins, mais ceux-ci ne devraient pas être disponibles avant plusieurs mois.
Mais un grand essai clinique, nommé Discovery, a démarré au niveau européen. Son but est d’évaluer l’efficacité et la sécurité de quatre stratégies thérapeutiques expérimentales qui pourraient avoir un effet contre le Covid-19. Les molécules testées sont le Remdesivir, l’association Lopinavir et Ritonavir, l’association Lopinavir, Ritonavir, et interféron bêta, et enfin la controversée hydroxychloroquine.
De son côté, le laboratoire américain Moderna a dévoilé des résultats encourageants concernant son projet de vaccin contre le nouveau coronavirus. Lors de la phase initiale des essais cliniques, le vaccin, nommé mRNA-1273, a provoqué une réponse immunitaire chez huit personnes à qui il avait été administré. Mais il faudra encore attendre la phase 2 et la phase 3, qui devrait commencer en juillet, pour valider l'efficacité du vaccin.
Par CNEWS