Coronavirus : Le «danger» d'une deuxième vague vient d'Amérique du Sud, selon un épidémiologiste

Le Brésil enregistre près d'un demi-million de cas du nouveau coronavirus. 
« C’est beaucoup plus là que se trouve le danger actuellement », a déclaré un membre du
conseil scientifique au sujet de l'Amérique du Sud devant la commission d’enquête de l’Assemblée nationale
Le « danger » de voir une deuxième vague d’épidémie de Covid-19 frapper l’Europe vient « beaucoup plus » de sa flambée en Amérique du Sud que des nouveaux foyers apparus récemment en Chine, a estimé ce jeudi un membre du Conseil scientifique français Bruno Lina, à l’Assemblée nationale. « C’est beaucoup plus là que se trouve le danger actuellement », a déclaré le virologue devant la commission d’enquête de l’Assemblée nationale sur la gestion de la crise du coronavirus.
L’apparition, ces derniers jours, de plusieurs foyers de coronavirus à Pékin suscite des inquiétudes sur les risques d’une nouvelle propagation de la maladie dans le pays où elle était apparue en décembre.

Risque de voir recirculer le virus en été

Dans le même temps, l’épidémie continue de faire des ravages en Amérique du Sud, en particulier au Brésil, désormais deuxième pays le plus touché au monde derrière les Etats-Unis.
La situation en Chine nous montre en revanche « le risque de voir recirculer le virus, même en été », a ajouté Bruno Lina, entendu en sa qualité du membre du conseil scientifique, aux côtés du président de ce groupe d’experts chargé de conseiller le gouvernement pendant l’épidémie, Jean-François Delfraissy, et de deux autres membres.

Une deuxième vague dès la fin octobre ?

« Le conseil scientifique considère que, compte tenu de ce qu’il se passe en Amérique du Sud, le risque d’une vraie deuxième vague venant de l’hémisphère sud fin octobre, en novembre ou en décembre, est un risque qui doit être considéré », a de son côté souligné Jean-François Delfraissy.
Le conseil scientifique a publié le 5 juin un avis estimant que le scénario d’une « épidémie sous contrôle » dans les prochains mois était le plus probable, mais que les pouvoirs publics devaient se préparer activement pour anticiper des scénarios plus défavorables, pour « ne pas se retrouver dans la situation vécue le 12 mars » où le confinement était devenu inévitable, a rappelé son président devant les députés.

Un « confinement partiel » en cas de deuxième vague ?

Jean-François Delfraissy a aussi répété qu’un nouveau confinement généralisé ne serait à son sens « ni possible, ni souhaitable », car « il ne serait pas accepté par la population » et aurait des conséquences économiques et sociétales trop lourdes. En cas de besoin, il envisage plutôt « un confinement partiel » conseillé aux « populations plus âgées, plus à risque ».
Interrogé sur la possibilité d’un confinement régional, limité aux zones touchées par un éventuel rebond de l’épidémie, l’épidémiologiste Arnaud Fontanet a jugé qu’il serait « difficile de l’assurer au niveau » empêchant réellement « une diffusion » au reste du territoire.
Il a donné l’exemple des fermetures de frontières, qui « ne marchent pas » car certains les « contournent », et qui ne permet donc que de « gagner quelques jours » dans l’expansion d’une épidémie.
Par 20 Minutes avec AFP