Crédit immobilier: la grande braderie est bel et bien finie!

 
Désormais, il est très rare d’obtenir des taux inférieurs à 1% sur 20 ans. Les baisses évoquées
en ce début de mois sont à relativiser.

L’époque des crédits immobiliers à moins de 1% sur des longues durées semble révolue! Une récente étude publiée par le courtier Meilleurtaux en a fait la preuve. En mai, aucun crédit n’a été accordé à moins de 1,1% sur 20 ans, la durée moyenne des emprunts immobiliers. «Les meilleurs dossiers obtiennent des taux compris entre 1,15% et 1,2%», précise Maël Bernier, porte-parole de Meilleurtaux.
À peine plus d’un dossier sur dix (13% exactement) s’est vu octroyer un taux inférieur à 1,3% alors que le courtier en comptabilisait 36% en février, juste avant le confinement. La majorité des emprunteurs - environ deux tiers - obtiennent, sur 20 ans, des taux compris entre 1,3% et 1,7% (contre 44% en février). Même les meilleurs profils n’échappent pas à cette remontée surprise des taux. «En avril et mai, ce sont eux qui ont subi les plus fortes hausses, environ +0,4%, quand les taux augmentaient entre 0,1% et 0,4% en moyenne», souligne Maël Bernier.
Mais l’inquiétude réside surtout autour des ménages plus fragiles, comme la plupart des primo-accédants qui vont être impactés par la hausse des taux - qui restent très bas - et l’exigence accrue des banques. «Si les taux sur 20 ans se maintiennent autour des 1,1%/1,5%, ces dossiers seront encore finançables. S’ils continuent d’augmenter et que le taux d’usure baisse encore, ce ne sera plus le cas», analyse Hervé Hatt, président de Meilleurtaux.
  
© Empruntis
Mais en ce début de mois de juin, il semble que les taux baissent à nouveau: entre -0,05% et -0,3%. Tous les courtiers en crédit immobilier le confirment. «Les banques réajustent leurs barèmes pour rester compétitives au moment du retour des acheteurs qui sortent du confinement et reprennent leurs projets immobiliers», décrypte Philippe Taboret, directeur général adjoint de Cafpi. 
Une bonne nouvelle mais qui, aux dires des courtiers, est loin de concerner toutes les banques. «Ces baisses, plus qu’une tendance de fond, ne sont qu’un repositionnement de certaines banques, qui avaient fortement augmenté leurs taux les mois précédents, pour rattraper leur retard de production», précise Franck Roullier, président d’Empruntis.
Cette tendance mérite d’autant plus confirmation qu’elle concernerait surtout les meilleurs profils. Ce qui n’empêche pas certaines banques de se montrer plus généreuses. «L’un de nos partenaires qui avait augmenté ses taux jusqu’à 0,50 % en avril et avec lequel nous avions beaucoup de refus à cause du taux d’usure, vient de les rebaisser de 0,20%, sur tous les profils», souligne Sandrine Allonier, de Vousfinancer. À suivre. 
Par Le Figaro.fr