Interdits de travailler pour Frichti, des livreurs sans papiers réclament leur intégration

Ils sont Ivoiriens, Camerounais ou encore Guinéens, sans papiers sur le territoire français. Ces
livreurs à vélo pour l’entreprise de livraisons à domicile Frichti ont désormais l’interdiction de travailler. Décision de la direction de l'entreprise qui a fait un inventaire de ses 600 livreurs autoentrepreneurs. Résultat : plusieurs dizaines de sans-papiers se retrouvent sans revenu. Ils se mobilisent et dénoncent l’hypocrisie de la plateforme.
Après sept mois à parcourir les rues de Paris pour Frichti, Mamadou Djaïdja, livreur sénégalais sans papiers, n’a plus aucun revenu. L’application pour mettre en relation la plateforme Frichti, ses clients et ses livreurs lui est désormais interdite.
« On a ressenti un abandon en quelque sorte, confie-t-il à Alexis Bedu, du service France de RFI. Imaginez les gens qui travaillent avec vous : vous savez très bien qu'ils ne sont pas en règle, mais vous avez accepté de les employer pour qu'ils travaillent pour vous. Ces gens qui ont travaillé pendant le confinement, qui ont risqué leur vie... Je peux dire que Frichti nous a exploité d'abord. Comme ils n'ont pas besoin de nous maintenant, ils ont décidé de nous virer ! »
Frichti « pas conscient » d'avoir fait appel à des sans papiers
Aujourd’hui, ces livreurs sans papiers souhaitent non seulement retrouver leur travail mais aussi que l’entreprise les reconnaissent comme des salariés.
Youssouf Koné est Ivoirien. Malgré son statut d’autoentrepreneur, il a toujours considéré Frichti comme son employeur. « Ce sont eux qui arrivent à imposer leur loi, déplore-t-il. Tout ce qu'ils disent, nous, on est obligés d'accepter parce qu'on est sans papiers. Quand Frichti m'a envoyé le mail, sincèrement, j'étais abattu, parce que je ne peux pas comprendre que j'ai fait un an et six mois avec Frichti et qu'aujourd'hui, on me dise -sans me donner de justification- d'arrêter le travail. »
Frichti explique ne pas avoir été conscient de faire appel à des prestataires sans papiers. L’entreprise assure qu’un accompagnement au cas par cas dans leurs démarches administratives sera fourni. Mais elle refuse de donner le nombre de personnes concernées.
Par RFI