L'ex-ministre de la Défense de Donald Trump l'accuse de chercher à "diviser" les États-Unis

Le général James Mattis, qui a démissionné de son poste de ministre de la Défense en
décembre 2018, est sorti de son silence mercredi avec des mots très durs pour son ancien patron Donald Trump.
James Mattis sort de son silence. L'ex-ministre de la Défense de Donald Trump, qui avait démissionné pour protester contre le retrait des troupes américaines de Syrie, a accusé le président des États-Unis de tenter de "diviser" l'Amérique.
"De mon vivant, Donald Trump est le premier président qui n'essaie pas de rassembler les Américains, qui ne fait même pas semblant d'essayer", écrit-il dans une déclaration mise en ligne mercredi 3 juin par la revue The Atlantic. "Au lieu de cela, il tente de nous diviser", ajoute l'ancien général des Marines, très respecté, qui avait jusqu'ici affiché sa réserve.
"J'ai observé le déroulement des événements de cette semaine, en colère et consterné", poursuit-il dans ce réquisitoire implacable, soutenant les manifestants qui demandent, selon lui "à raison", l'égalité des droits.
Le président américain s'est aussitôt déchaîné sur Twitter, qualifiant James Mattis de "général le plus surestimé du monde" et de "chien fou". "Je suis content qu'il soit parti !", a insisté le locataire de la Maison Blanche.
Être "à la hauteur de nos valeurs"
Depuis la mort le 25 mai à Minneapolis de George Floyd, un homme noir asphyxié par un policier blanc, une vague de colère historique s'est levée dans les villes américaines, dénonçant le racisme, les violences policières et les inégalités sociales. Pillages et émeutes ont émaillé le mouvement au départ pacifique.
Donald Trump, très silencieux sur sa réponse aux maux dénoncés par les manifestants, a en revanche employé un ton martial et menacé de recourir à l'armée pour mater la rue, se présentant en "président de la loi et de l'ordre".
"Nous ne devons pas nous laisser distraire par une poignée de hors-la-loi. Les manifestations, ce sont des dizaines de milliers de personnes de principes qui insistent pour que nous soyons à la hauteur de nos valeurs", estime Jim Mattis. "Nous devons rejeter et tenir pour responsables ceux qui, au pouvoir, se moqueraient de notre Constitution", ajoute-t-il.
France 24 Avec AFP