Municipales: Emmanuel Macron, et maintenant?

Emmanuel Macron a voté au Touquet pour le second tour des élections municipales, le 28 juin 2020.
Le chef de l’État avait dit qu’il ne tirerait pas d’enseignement national des élections municipales.
Après la vague verte qui a emporté plusieurs grandes villes et l’échec confirmé de la République en Marche, comment Emmanuel Macron va-t-il gérer l’étape d’après et le remaniement annoncé ?
Le jour d’après les municipales ne ressemble pas au jour d’avant : l’écologie est devenue depuis dimanche soir, une thématique totalement incontournable dans le débat politique. Emmanuel Macron l’avait senti venir en annonçant qu’il allait rencontrer les membres de laconvention citoyenne dès le lendemain du scrutin pour apporter, selon l’Élysée, des « réponses fortes aux attentes écologiques des Français ». Des Français qui ont changé le paradigme politique dans de nombreuses villes au premier rang desquelles Lyon et ont placé l’écologie au pouvoir dans les exécutifs municipaux.
Bon gré, mal gré le président de la République va devoir intégrer ce paramètre dans sa nouvelle équation politique, son « nouveau chemin ». Un chemin dont il doit définir les orientations lors d’une nouvelle expression dont les modalités et la date n’ont pas encore été communiquées. Seule indication, ce sera avant le 14 juillet, a dit Emmanuel Macron lors de son allocution du 14 juin dernier. Et pour mettre en œuvre cette politique, le chef de l’État réfléchit à un remaniement. Tourner la page des municipales ratées pour la République en marche et le président de la République, c’est prendre au plus vite l’initiative.
À quand le remaniement ?
La fenêtre de tir est étroite et elle est ouverte depuis dimanche soir. Et l’une des questions prioritaires pour le président est de décider si Édouard Philippe l’accompagnera dans cette nouvelle étape de son mandat, celle qui va le mener jusqu’en 2022. Le Premier ministre a été réélu haut la main au Havre, sa cote de popularité est en hausse depuis le déconfinement, politiquement il est donc renforcé. Mais peut-il rester à Matignon, lui l’homme de droite, si pour se « réinventer » le chef de l’État décide de donner une impulsion plus sociale et écologique à sa politique au risque de lâcher un peu sur les impératifs budgétaires ? Les choix présidentiels sur la poursuite de la réforme des retraites seront un élément important dans cette équation.
Dans l’entourage d’Emmanuel Macron, on insiste aussi beaucoup sur la volonté du président de remonter en première ligne, de mettre les mains dans le cambouis, en d’autres termes de monopoliser l’espace politique et de confier au chef du gouvernement la mission de « gérer la majorité ». Emmanuel Macron est persuadé que c’est à lui, et à lui seul, que les Français demanderont des comptes, autant donc tout assumer et tout porter dans les deux années à venir. Plus qu’un big-bang, ce serait alors un retour aux fondamentaux pour un Emmanuel Macron qui a toujours pris le risque de s’exposer.
Par FranceInfo