Pékin appelle Londres à cesser toute ingérence à Hong Kong

Le président chinois, Xi Jinping (centre, deuxième rang), lors de l’Assemblée nationale populaire, jeudi 28 mai. Ses quelque 3 000 représentants ont approuvé une loi contestée sur la « sécurité nationale » pour Hongkong.
Le Royaume-Uni a été sommé par la Chine, mercredi, de "cesser immédiatement toute ingérence"
dans les affaires hongkongaises, après l'appel de Londres à ne pas imposer une loi controversée sur la sécurité nationale dans le territoire autonome.
Le gouvernement chinois n'est pas de ceux qui se laissent dicter leur politique intérieure. "Nous conseillons à la partie britannique de cesser immédiatement toute ingérence dans les affaires hongkongaises et les affaires intérieures de la Chine", a lancé, mercredi 3 mai, le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères à l'adresse du gouvernement britannique. 
Zhao Lijian réagissait à l'appel de Londres à ne pas imposer la loi sur la sécurité nationale sur le territoire autonome. Le projet de loi, qui a obtenu le feu vert du parlement chinois, prévoit de punir les activités séparatistes, "terroristes", la subversion, ou encore les ingérences étrangères dans le territoire.
Le gouvernement central ne reculera pas sur les projets de législation concernant la sécurité nationale, a confirmé pour sa part la cheffe de l'exécutif hongkongais, Carrie Lam mercredi.
Le Royaume-Uni, les États-Unis, l'Australie et le Canada ont publiquement exprimé leurs craintes. Et le ministre britannique des Affaires étrangères, Dominic Raab, a exhorté mardi Pékin à renoncer à cette loi. "Il est encore temps pour la Chine de réfléchir, de s'éloigner du précipice et de respecter l'autonomie de Hong Kong et ses propres obligations ainsi que ses obligations internationales", avait-il déclaré.
Une remarque qui n'a pas tardé à faire réagir à Pékin. "Nous conseillons à la partie britannique (...) d'abandonner sa mentalité de Guerre froide, son état d'esprit colonial, de reconnaître et de respecter le fait que Hong Kong a été rendu" à la Chine, a indiqué Zhao Lijian.
Le Premier ministre Boris Johnson a pour sa part déclaré mardi qu'il proposerait à des millions de Hongkongais des passeports et un possible accès à la citoyenneté britannique si Pékin appliquait cette loi. "La Grande-Bretagne ne cherche pas à entraver la montée de la Chine" sur la scène internationale, a assuré Boris Johnson. "La Grande-Bretagne veut seulement que Hong Kong prospère dans le cadre d'un pays, deux systèmes."
France 24 Avec AFP