Richard Bona au sujet du massacre de Ngarbuh : " Je suis indigné"

Le bassiste et chanteur camerounais Richard Bona en concert.
Le bassiste et chanteur camerounais Richard Bona a fait part de son indignation face au massacre de
Ngarbuh dans la région du nord-ouest du Cameroun. 23 personnes y avaient été tuées, dont 15 enfants et deux femmes enceintes, selon un bilan de l''ONU.
Richard Bona a été l'invité de l'émission musicale "C'est le moment" présentée par Ata Ahli AHEBLA dans le cadre d'une chanson enregistrée en hommage aux victimes de cette attaque.
L'artiste a expliqué : " j'ai eu envie d'écrire pour qu'elles ne soient pas oubliées, pas seulement en tant que musicien mais aussi en tant que père, parce qu'il il y a eu des enfants parmi les civils. "
Richard Bona s'est aussi insurgé contre ce qu'il a qualifié de "déni dans lequel était le gouvernement. "
En effet, le gouvernement avait d'abord nié toute implication de l'armée dans ce massacre qui s'est déroulé le 14 février, avant de reconnaitre en avril que trois de ses soldats ainsi que des membres d'un groupe d'autodéfense en était les auteurs.
Dans un communiqué, la présidence camerounaise avait expliqué que les tueries étaient accidentelles et que des soldats avaient tenté de les dissimuler en fournissant aux autorités un rapport biaisé de l'opération - Lire plus dans l'article ci-haut.

Soutenir les victimes et la lutte contre le coronavirus

L'artiste a révélé que la moitié des revenus générées par la chanson sera reversée aux victimes ainsi qu'à la lutte contre l'épidémie de coronavirus à travers "Cameroun Survival ", une initiative lancée par l'opposant Maurice Kamto.
Souvent critique vis-à-vis du gouvernement camerounais, Richard Bona s'est défendu de tout soutien partisan à l'opposant. 
" C'est juste une action humanitaire, une position de patriote. Je n'appartiens pas à son parti et je ferai la même chose si c'était le gouvernement", a déclaré Richard Bona dans l'émission "C'est le moment ".

La crise anglophone

Sur la crise dite anglophone qui secoue son pays depuis 3 ans, l'ancien directeur artistique du chanteur et acteur Harry Belafonte, a estimé qu'une vraie solution peut être trouvée sans les acteurs actuels qui selon lui, ont prouvé leur incapacité.
Harry Belafonte appelle à un vrai dialogue et estime que la violence n'est pas la solution :
" On radicalise les gens en les brutalisant. La crise actuelle est en train de se transformer en problèmes tribaux, en haine tribale. "